Reportage

Côte d’Ivoire : Une étude  sur les coûts de production du cacao révèle les défis de durabilité pour les producteurs

À l’heure où la durabilité de la cacaoculture ivoirienne est au cœur des débats internationaux, une nouvelle étude sur les coûts de production du cacao vient relancer la réflexion sur l’avenir de la filière. Présentée officiellement par l’INADES-FORMATION  COTE D’IVOIRE  en collaboration avec la structure agricole de Développement Rural de Côte d’Ivoire (SADRCI), cette recherche met en lumière les défis structurels auxquels font face les producteurs dans un contexte marqué par le vieillissement des plantations, la raréfaction de la main-d’œuvre et les effets du changement climatique.

L’atelier de restitution de cette étude menée pendant la petite traite et la grande traite de la campagne de 2024/2025 a eu lieu le mardi 24 Février 2026,   dans la commune du Plateau. Dans son mot d’ouverture, TETIALI DIGBEU, Président du Conseil d’Administration de l’organisation a insisté sur la nécessité de replacer le producteur au centre des politiques agricoles. Pour lui, comprendre les coûts réels de production du cacao est aujourd’hui indispensable pour bâtir une filière plus équitable et durable.

« La durabilité ne peut être dissociée de la rentabilité », a-t-il souligné, appelant à une meilleure prise en compte du travail familial dans la fixation du prix bord champ. Il a par ailleurs rappelé que le cacao constitue un pilier essentiel de subsistance pour des millions de familles ivoiriennes, d’où l’importance d’évaluer avec précision l’ensemble des efforts humains, matériels et financiers mobilisés dans la production.

Menée dans treize départements répartis sur huit régions du pays, Une rentabilité de plus en plus fragile, L’étude menée sur les campagnes agricoles 2024-2025 et 2025-2026 estime les coûts de production entre 1 300 et 1 500 FCFA par kilogramme de cacao, selon les hypothèses retenues pour valoriser le travail familial.

L’analyse de la structure des coûts met en évidence des variations significatives selon l’hypothèse retenue pour la valorisation du travail familial.

Lorsque celui-ci est estimé à 3 000 FCFA par jour, certains postes apparaissent particulièrement déterminants. Le coût de la terre représente environ 13 % des dépenses totales, tandis que les activités de récolte et de post-récolte avoisinent 22 %. Lorsque les opérations de post-récolte sont considérées isolément, leur poids peut atteindre 27 % du coût global. Les coûts cachés occupent également une place importante, représentant environ 21 % des dépenses totales. Par ailleurs, les opérations d’entretien des plantations comprenant le nettoyage, la taille, les traitements phytosanitaires et l’apport d’engrais, représentent près de 15 % de l’ensemble des coûts.

Lorsque la valorisation du travail familial est portée à 5 000 FCFA par jour, le coût moyen de production s’élève à 1 522 FCFA par kilogramme, contre 1 322 FCFA par kilogramme dans l’hypothèse d’une rémunération journalière de 3 000 FCFA. Or, ces niveaux de coûts sont aujourd’hui très proches du prix bord champ, ce qui limite fortement les marges bénéficiaires des planteurs. Dans certains cas, les charges réelles excèdent même les revenus tirés de la vente du cacao

Une tendance confirmée par  François Ruf, consultant principal de l’étude, qui souligne une hausse progressive des charges liées notamment à la récolte, aux traitements phytosanitaires, au transport, mais aussi aux coûts dits cachés tels que les pertes post-récolte ou les fraudes sur les pesées.

Cette étude a révélé aussi que  la cacaoculture ivoirienne serait entrée dans une phase dite de récession structurelle, caractérisée par la fin de la rente forestière qui permettait autrefois de cultiver sans recours massif aux intrants agricoles. Aujourd’hui, la dégradation des sols, la prolifération des maladies comme le swollen shoot et l’augmentation du coût du travail contraignent les producteurs à investir davantage pour maintenir leurs rendements.

En moyenne, près de 150 jours de travail sont désormais nécessaires pour produire une tonne de cacao, signe d’une baisse tendancielle de la productivité liée aux mutations environnementales et socio-économiques.

L’étude met également en évidence un déficit critique de replantation : seulement 24 % des planteurs procèdent au renouvellement de leurs vergers, exposant ainsi la filière à une érosion progressive des rendements. Cette situation compromet la durabilité des exploitations, d’autant que les coûts de replantation restent largement sous-estimés dans les calculs actuels de production.

Cette situation compromet non seulement la rentabilité des exploitations, mais également leur durabilité. En effet, les dépenses liées à la replantation  pourtant indispensables face au vieillissement des vergers restent insuffisamment prises en compte dans les coûts actuels, en raison du faible taux de renouvellement des plantations observé sur le terrain.

Des impacts socio-économiques et environnementaux

Face à ces contraintes économiques, de nombreux jeunes producteurs peinent à accéder à la terre, dont le coût peut atteindre jusqu’à un million de FCFA pour un hectare dans certaines zones comme Soubré. Cette pression foncière pousse certains planteurs à migrer vers des pays voisins, notamment le Libéria, à la recherche de nouvelles terres plus accessibles.

Pour le consultant de  la structure agricole de Développement Rural de Côte d’Ivoire (SADRCI), les incertitudes liées à la valorisation du bois issu des systèmes agroforestiers freinent l’adoption de pratiques pourtant encouragées dans une perspective de durabilité environnementale.

Vers un plaidoyer pour un meilleur prix au producteur

Pour le PCA de l’INADES, les conclusions de cette étude doivent servir de base à un plaidoyer en faveur d’une meilleure prise en compte des réalités du terrain dans la fixation du prix au producteur.

« Si l’on met bout à bout les efforts humains, les intrants, l’entretien des plantations et les investissements nécessaires au renouvellement des vergers, il devient évident que le prix doit tenir compte des facteurs environnementaux et sociaux », a-t-il indiqué.

L’objectif est désormais d’engager un dialogue constructif avec les partenaires financiers et les autorités publiques afin d’identifier des solutions susceptibles d’améliorer la part revenant aux producteurs.

Dans cette optique, la diversification des cultures et le développement d’une agroforesterie à vocation économique apparaissent comme des pistes à explorer pour réduire la dépendance des ménages agricoles aux revenus issus du seul cacao.

Randohle .A

Gnity-Cailloux : la cohésion sociale, un levier pour une agriculture durable

 À Gnity-Cailloux, dans le département de San Pedro, l’Église CMA a organisé une croisade de prière placée sous le signe de la paix, de l’unité nationale et du vivre-ensemble. C’était le samedi 7 février 2026.  Une initiative spirituelle qui a rassemblé fidèles, responsables religieux et acteurs communautaires, dans un contexte où la cohésion sociale demeure un enjeu majeur pour les zones rurales.

Parmi les personnalités présentes, la coordination départementale de l’Union pour le Développement de la Côte d’Ivoire (UDCI) de San Pedro, conduite par son délégué départemental, M. Bayoué Oumarou, également Président du Conseil d’Administration de l’Entreprise Coopérative Agricole (ECAD), a marqué sa participation à cette rencontre.

Au cours de la cérémonie, les responsables religieux ont appelé à la prière pour la paix durable, la stabilité et l’unité nationale. Prenant la parole, le délégué départemental de l’UDCI a invité les pasteurs à porter dans leurs prières les préoccupations des communautés, soulignant que la paix sociale constitue un pilier essentiel du développement local, notamment pour les activités agricoles qui structurent l’économie de la localité.

Cette participation s’est faite au nom du parrain de la cérémonie, M. Téné Ibrahima Ouattara, dont l’engagement en faveur de la concorde nationale et du développement harmonieux des populations a été rappelé à cette occasion.

À travers cette présence, l’UDCI San Pedro réaffirme son attachement aux initiatives spirituelles et citoyennes visant à renforcer les liens sociaux et à préserver un climat apaisé, condition indispensable à la production agricole, à la sécurité alimentaire et au développement durable des communautés rurales.

KEVIN KPANGNI

BONDOUKOU /Debango : 4 hectares de terres transformés en forêt communautaire grâce au projet BI-TROUGO

Sous l’impulsion d’expertise France et de  l’ONG IDEF et avec le soutien financier de l’Union européenne, le village de Debango a officiellement lancé le projet BI-TROUGO. C’était le vendredi 16 janvier 2025, en présence des autorités administratives, des services techniques de l’État  et des populations locales.

Cette initiative ambitieuse, financée dans le cadre du projet Bas Carbone, vise à transformer 4 hectares de terres locales en une forêt communautaire gérée par les populations elles-mêmes. En s’appuyant sur les réformes du Code Forestier de 2019, ce projet qui allie restauration écologique et développement économique pour faire de la gestion durable des ressources un levier d’autonomisation locale s’étendra de Novembre 2025 à Décembre 2026..

L’appui des autorités administratives locales

Représentant du sous-préfet de Sorobango, Grégbé Blédou Franck Roméo, a salué cette initiative porteuse d’espoir pour la localité, soulignant l’importance de l’implication des communautés dans les projets de développement durable. Il a encouragé les populations à préserver l’esprit de collaboration qui a marqué les premières étapes du projet, gage de sa réussite et de sa pérennité.

BI-TROUGO, un projet né de la volonté communautaire

Pour Marc Anthelme Kouadio, président de l’ONG IDEF (Initiatives pour le Développement Communautaire et la Conservation de la Forêt), le succès réside dans l’appropriation locale. Lors de son allocution, il a tenu à préciser que le projet BI-TROUGO est avant tout le projet des populations et que l’ONG ne joue qu’un rôle d’appui et de facilitation. Il a rappelé que cette initiative est l’aboutissement de plusieurs années de travail basées sur le Plan d’Action Environnementale Communautaire (PAEC) que les habitants de Debango ont élaboré eux-mêmes.

Une forte mobilisation saluée par les Eaux et Forêts

Le Lieutenant-colonel Bini ADOU Guillaume, chef du cantonnement des Eaux et Forêts de Bondoukou, a qualifié les populations de Debango de « bons élèves ». Il a assuré que l’administration accompagnera les communautés dans toutes les étapes du reboisement communautaire, depuis la mise en place des pépinières jusqu’à l’entretien des plants. Il a précisé que les espèces sélectionnées, incluant des plants de mangrove, des arbres fruitiers et des essences médicinales, ont pour but de concilier la protection de l’environnement avec des retombées économiques locales.

Le soutien affirmé du ministère de l’Environnement

Au nom de Tano Jean, Directeur régional de l’Environnement, du Développement durable et de la Prévention écologique, M Isidore Kolia,  représentant du ministère a réaffirmé l’engagement de l’État en faveur de la préservation des ressources forestières et de la lutte contre le changement climatique. Il a encouragé l’initiative portée par l’ONG IDEF et remercié la chefferie traditionnelle ainsi que les populations de Debango pour leur adhésion au projet en insistant que ce projet s’inscrit dans les priorités stratégiques 2026 du ministère, notamment l’axe relatif à la gestion durable des ressources naturelles, à la réduction des pollutions et à la restauration des écosystèmes, avec un accent sur la promotion de l’économie circulaire et des pratiques agroécologiques.

Au cours de la cérémonie de lancement, Des focus groupes ont été organisés, notamment avec les femmes, afin d’identifier des Activités Génératrices de Revenus (AGR) en lien avec la foresterie communautaire. Ces AGR visent à renforcer l’autonomisation économique des femmes tout en soutenant la protection de la forêt.

Les populations ont également participé  à la cartographie de la future forêt communautaire, identifiant elles-mêmes les limites, les zones à restaurer et les espaces sensibles. Une démarche participative qui renforce le sentiment d’appropriation et la responsabilité collective dans la gestion durable du patrimoine forestier.

Randohle.A

Manque de liquidité pour l’achat des fèves de Cacao pour la campagne 2025-2026, les producteurs et la PICD Plaident  pour une banque agricole

À l’issue d’une conférence de presse organisée le 4 décembre à Yamoussoukro, plusieurs responsables de coopératives cacaoyères ont exprimé leur désarroi face  aux  blocages persistants dans la commercialisation du cacao, malgré la satisfaction exprimée à l’annonce du prix bord champ fixé cette année à 2 800 FCFA le kilo.

Une joie de courte durée. Des délais anormalement longs qui paralysent la filière

Les coopératives pointent du doigt les délais excessifs à toutes les étapes : émission et validation des connaissements, déchargement au port, encaissement des chèques, puis retrait des fonds en banque.

Selon le PCA de la coopérative CAPRISSA situé dans l’indenié djuablin
« Pour incorporer et valider un connaissement, nous avons immobilisé une remorque pendant près d’une semaine. Et au port, le déchargement peut prendre des jours, voire des semaines. Ensuite, récupérer l’argent à la banque peut prendre cinq jours à une semaine. »Ces lenteurs provoquent une situation financière critique.

Pres de 1MILLIARD 102 MILLIONS DE FCFA ne sont encore pas encore payés aux producteurs


« Nous sommes à près d’un milliard 102 millions de dépôts-vente que nous n’arrivons pas à payer tout simplement parce que tout est bloqué », a-t-il révélé.

Les magasins sont saturés du central aux sections, créant un problème de stockage aigu. Et ce retard de paiement a un impact direct sur les planteurs.


« Les producteurs ont des urgences. Ils préfèrent brader leurs produits que d’attendre le dépôt de vente, ce qui les pousse vers les acheteurs véreux », regrette Mr KOUADIO KOUAKOU LAURENT

Un appel fort au gouvernement et au Conseil du Café-Cacao

Les acteurs de la filière demandent un engagement plus fort des autorités pour débloquer la situation.
« Nous interpellons les décideurs à nous aider à rendre plus fluide le processus de déchargement du cacao au port et à accompagner les coopératives, surtout pour faciliter l’obtention des prêts bancaires », a insisté YAPO SEKA PCA de la coopérative GEDEON d’Affery il a par la suite proposé que  le CCC joue un rôle de garant pour soutenir les coopératives sérieuses dans l’accès au crédit.

Vers la création d’une banque agricole ?

Les responsables estiment que l’un des leviers essentiels serait la création d’une banque agricole dédiée, adaptée aux réalités du secteur.


« Oui, c’est vrai qu’on a fait des échecs avant, mais on peut toujours reprendre. Tant qu’on va rester là, les producteurs seront la proie des acheteurs véreux. Il faut que nous ayons une banque à nous-mêmes, adaptée à nos réalités », a plaidé un intervenant.

Pour lui, les producteurs remboursent déjà leurs crédits auprès des exportateurs ou des sociétés de camions ; il est donc incompréhensible que l’accès aux banques classiques soit si difficile.
Il appelle enfin le Conseil du Café-Cacao à être attentif à leurs préoccupations et à envisager des mécanismes de financement innovants :
« Il suffit de prévoir des lignes de prélèvement pour financer la création de cette banque et ça va nous faire du bien. » a renchérit YAPO SEKA PCA de la coopérative GEDEON d’Affery

Une filière sous pression qui attend des mesures fortes

Les responsables des coopératives concluent en exhortant le gouvernement et le ministère de tutelle à débloquer urgemment la situation pour permettre aux producteurs de recevoir rapidement leurs paiements et de poursuivre leurs activités dans de meilleures conditions.

                                                                  RANDOHLE. A

Côte d’Ivoire / Campagne cacao 2025-2026 : la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable alerte sur de graves dysfonctionnements et exhorte les autorités à adopter des mesures fortes pour une campagne plus transparente et plus efficace

Deux mois après le lancement de la grande campagne 2025-2026, la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD) tire la sonnette d’alarme.

Réunis du 3 au 4 Décembre 2025 à Yamoussoukro, au cours d’un atelier d’évaluation à mi-parcours de la   Campagne principale de  cacao 2025-2026, qui a lieu  à l’issue d’une vaste consultation auprès de ses 9 délégations régionales, la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD)  met en lumière une série de dysfonctionnements qui fragilisent les producteurs et perturbent l’ensemble de la chaîne de commercialisation du cacao,

Ces blocages sont de plusieurs niveaux, entre autres, la lenteur de la validation des connaissements qui occasionne des surcouts liées à la location des véhicules, le manque de financement des organisations professionnels Agricoles (OPA) qui entraine le refus des producteurs  au système dépôt vente.

La PICD dénonce en outre des « réfactions abusives » pratiquées par des acheteurs véreux. Ces derniers émettent des reçus officiels tout en retenant illégalement entre 3 et 5 kg par sac et  le prix effectivement versé aux producteurs passe sous la barre fixée à 2 800 FCFA/kg pour la campagne en cours.

L’appel de la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao durable

Pour sortir de cette impasse, la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable appelle le Conseil Café-Cacao à prendre des mesures d’urgence à savoir la  fluidification des déchargements, contrôle strict des prix et des pesées, renforcement des qualiticiens et facilité d’accès au crédit pour les coopératives.

Pour le moyen et long terme
« Elle recommande également un cadre de concertation entre acteurs, une accélération de la lutte contre le swollen shoot, l’entretien des pistes rurales et une meilleure valorisation des coopératives. »

Un appel à la responsabilité collective

La PICD réaffirme son engagement aux côtés du gouvernement et des acteurs de la filière pour garantir un revenu décent aux producteurs.
« Les producteurs de cacao sont les piliers de la richesse de la Côte d’Ivoire », rappelle la plateforme, exhortant les autorités à adopter des mesures fortes pour une campagne plus transparente et plus efficace.

A noté que cet atelier s’inscrit le cadre du projet « Renforcement de la société civile pour la durabilité et la bonne gouvernance de la filière cacao en Côte d’Ivoire », cofinancé par l’Union Européenne, et Porté par un consortium d’organisations composé d’INADES-Formation Côte d’Ivoire, IDEF, Solidaridad West Africa, INKOTA Netzwerk et FERN, ce projet vise à structurer un réseau solide d’acteurs engagés pour un cacao durable, équitable et respectueux des droits humains.

                                                                                                        Randohle.A

CAMPAGNE 2025 DE COMMERCIALISATION DE LA GRAINE D’HEVEA: la FPH-CI fixe un objectif ambitieux de 50 000 tonnes

La Fédération des Organisations Professionnelles Agricoles de producteurs de la filière hévéa de Côte d’Ivoire (FPH-CI) a procédé, le mercredi 18 juin 2025, à l’ouverture  officielle  de la campagne de commercialisation de la graine d’hévéa. La cérémonie de lancement qui a eu lieu dans la ville de Yamoussoukro marque également  le  début de la vaste campagne de sensibilisation des producteurs sur la valorisation de la graine d’Hévéa.

« Au terme de cette cérémonie, les résultats attendus sont les suivants : le bilan de l’année 2024 est présenté, les objectifs, attentes et perspectives pour 2025 sont exposés, le prix de la graine pour 2025 est annoncé, les procédures et le schéma de commercialisation sont clarifiés, et le dispositif de la campagne est bien compris par tous. »  a éclairé le PCA Koblavi Dibi Michel,  poursuivant son intervention,  il  a  fixé l’objectif ambitieux  de la FPH-CI celui de produire 50 000 tonnes de graines d’hévéa cette année.

Ce projet s’inscrit dans le cadre du partenariat entre la FPH-CI et la société ENI Côte d’Ivoire. L’objectif est de structurer un modèle durable de commercialisation interne, basé sur un mécanisme de fixation des prix et des quantités précises à livrer.

Pour Luca Faccinda, directeur général d’ENI Côte d’Ivoire, grâce à ce partenariat, plusieurs actions concrètes ont été initiées, entre autre la  mise en place de quatre centres de transit dans les localités stratégiques de Guiglo, Méagui, Abengourou et Divo, pour faciliter la collecte et la logistique. Paiement à la livraison directement aux sociétés coopératives : 70 F CFA/kg, avec un bonus de 10 F CFA/kg versé au centre de collecte, soit 80 F CFA/kg au total. Distribution de foyers améliorés aux planteurs, pour encourager des pratiques énergétiques plus écologiques. Acquisition de matériels de ramassage pour améliorer la productivité et la qualité des graines collectées. »

Bien que la campagne 2025 marque une étape de visibilité nationale, les activités de collecte ont démarré depuis 2023, permettant à la FPH-CI de tester, structurer et renforcer le dispositif. Les premiers résultats ont permis d’évaluer les besoins logistiques, les capacités de stockage et la réaction des producteurs à cette nouvelle chaîne de valeur.

KPANGNI. K

SANTE / 55% des décès liés à  la Rage concernent les enfants de 0 à 14 ans  en Côte d’Ivoire

Chaque année en Côte d’Ivoire, la rage continue de faire des victimes silencieuses. Lors de la 2e Conférence mondiale des journalistes scientifiques francophones, qui s’est tenue du 09 au 14 Juin 2025  à Abidjan, autour du thème « une seule santé »  un chiffre alarmant a été dévoilé : 55 % des personnes qui meurent de la rage dans le pays sont des enfants âgés de 0 à 14 ans.

Cette donnée glaçante révèle l’ampleur d’un fléau encore sous-estimé. Transmise principalement par morsure de chien, la rage est pourtant une maladie virale 100 % évitable grâce à la vaccination animale et humaine. Pourtant, le manque d’information, de prévention et d’accès rapide aux soins exposent particulièrement les plus jeunes, souvent en contact rapproché avec les animaux domestiques.

Quelle est la situation sanitaire de la Rage en Côte d’ivoire

De 1986 en 2016, l’Institut national d’hygiène publique enregistre en moyenne 20 décès  liés à la  rage par an et en moyenne 12 000 victimes de morsures selon le Ministère de la santé et de l’hygiène publique. Ce système de surveillance épidémiologique de la maladie en côte d’ivoire  montrait également qu’en moyenne  dix   cas de rage animale étaient enregistrés. Alors comment  gérer le risque épidémiologique  dans le pays ?   Selon Dr Vessaly,   il fallait changer de stratégie  pour avoir des données plus précises «   pour définir le poids réel de la rage en Côte d’Ivoire nous avons fait appel  à des vétérinaires, des spécialistes  de l’Institut National d’Hygiène Publique (INHP), le Centre Suisse des recherches  scientifiques, les sociologues »  

L’approche scientifique dans les  précisions des données

 «  Sur une enquête de 8.000 ménages ; 4000 ménages, en milieu rural et 4.000  en milieu urbain,  la possession canine était  de  1.500.000 têtes, tandis que la sensibilisation  vaccinale  depuis une décennie concernait que 100.000 chiens » , poursuivant son exposé   Dr Vessaly Kallo directeur des services vétérinaires de Cote d’Ivoire, a affirmé « que dans ces ménages,  ce ne  sont que 5% des chiens , en milieu rural et 30% en milieu urbain qui sont vaccinés un chiffre en deçà du seuil d’élimination  de la maladie voulu par l’organisation mondiale de la santé ». Au niveau de la santé humaine cette étude a montré que parmi les personnes mordues par les chiens qui vont dans les centres de santé pour une prise en charge,  60% ne terminaient pas leurs traitements antirabiques soit  5  doses sur 21 jours. Cette enquête a révélé que ce sont 500 personnes qui sont mordus essentiellement par les chiens dont 55% sont les enfants de 0 à14 ans  et non 20 comme l’a signifié le ministère de la santé en 2017

ph APA

Une perte énorme pour la Cote d’ivoire  

Selon une étude publiée par https://www.sciencedirect.com/ le pays  perd plus 20 milliards de FCFA par an  et 48.000 personnes sont mordus par les chiens et que 14.000 se rendent dans les centres de santé.;

Un problème de santé publique

La Rage représente un véritable problème de santé publique dans de nombreux pays africains, y compris la Côte d’Ivoire. Le pays enregistre encore des dizaines de décès chaque année, principalement dans les zones rurales où les structures de soins et les vaccins post-exposition sont insuffisamment disponibles.

« La rage est une maladie évitable. Le vaccin a été découvert depuis plus de 100 ans. Mais en l’absence de sensibilisation, les enfants, souvent mordus en jouant avec des chiens non vaccinés, sont les premières victimes », s’est indigné docteur Vessaly Kalo.

Une réponse intégrée dans l’approche « Une seule santé »

Cette conférence a mis en lumière l’importance de l’approche « Une seule santé », qui intègre la santé humaine, animale et environnementale. Une stratégie essentielle pour éradiquer durablement des zoonoses comme la rage.

Un appel à l’action «  Sensibiliser pour sauver »

Les journalistes scientifiques, en tant qu’acteurs de relais de l’information, ont un rôle clé à jouer pour sensibiliser les communautés à ce danger évitable.

En Côte d’Ivoire, des initiatives locales commencent à émerger, des campagnes de vaccination canine, des programmes d’éducation dans les écoles, et un meilleur accès aux soins post-exposition sont les piliers d’une réponse efficace. Mais les efforts restent encore dispersés. Il est urgent de mobiliser davantage les autorités, les professionnels de santé et les communautés pour atteindre l’objectif mondial d’éliminer la rage humaine transmise par les chiens d’ici 2030, fixé par l’Organisation mondiale de la santé.

Randohle. A

Festival ÊLÊ à Adiaké : Au-delà des pirogues, le cri silencieux d’une lagune appauvrie

Le festival êLê  d’Adiaké est chaque année un rendez-vous haut en couleurs. Entre compétitions de pirogues, danses traditionnelles et effervescence populaire, il célèbre la richesse culturelle des peuples lagunaires, la 9e  édition a débuté  le jeudi 29 mai 2025

Une célébration de l’identité lagunaire

Le festival ELE est l’âme d’Adiaké. Durant plusieurs jours, les communautés se retrouvent autour des traditions aquatiques qui ont façonné leur mode de vie. Les pirogues colorées glissent sur les eaux dans un ballet rythmé par les cris de joie et les percussions. Les femmes arborent leurs plus beaux pagnes, les chefs coutumiers bénissent la lagune, et les touristes affluent.  ÊLÊ n’est pas qu’un événement : c’est une affirmation culturelle. Une transmission vivante des valeurs et du lien sacré entre l’homme et l’eau.

Une fête sur fond d’urgence écologique

Mais en marge des réjouissances, les anciens parlent bas. Les pêcheurs aussi. Les filets remontés sont plus légers qu’avant. Les espèces halieutiques  semblent fuir ces eaux jadis nourricières.  Un constat s’impose discrètement, mais fermement : la lagune Aby s’appauvrit. Les poissons se font rares. Et la fête masque mal les inquiétudes des riverains.

« Le problème c’est l’orpaillage clandestin qui se fait aux bords des lagunes au niveau du Ghana, qui se reverse  dans la Tanoé et qui se déverse dans la lagune Aby , ce changement fait les espèces deviennent très rare »  a souligné, adjé adjé Paul entraineur des anges de kakoukro lagune vainqueur de cette 9e édition  

De l’autre côté Mr. Kouadio Pêcheur depuis 25ans, assis sur pirogue assistant fièrement les manches éliminatoires de la course aux pirogues, mais le regard inquiétant  confie   « Avant, en une sortie, je remplissais ma pirogue. Aujourd’hui, je rentre presque vide »

La lagune Aby, autrefois généreuse, montre aujourd’hui les signes d’un écosystème sous pression : surpêche, pollution, urbanisation anarchique. Les pratiques ancestrales de pêche, durables et codifiées, cèdent parfois à une exploitation plus agressive.

Le paradoxe du progrès

Ironie du sort, c’est au moment même où la culture lagunaire est célébrée que la nature qui l’a engendrée s’effondre. La fête continue, mais le garde-manger se vide. Et sans poissons, que deviendra êLê dans vingt ans ? Un folklore sans fondement, un théâtre sur une scène asséchée.

 Le temps de l’action

Le festival ELE qui signifie en langue agni (pirogue) pourrait être plus qu’un hommage au passé : il peut devenir un outil de sensibilisation et de transition. Car préserver la lagune, c’est préserver la culture elle-même.

Adiaké vibre au rythme d’ELE. Mais sous la beauté des chants et des pagnes, la lagune pleure en silence. L’eau se retire, les poissons disparaissent, et le lien vital se fragilise. Il est temps de faire du festival un levier de renaissance écologique. Pour que la fête continue… durablement.

Randohle. A

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