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Agriculture/Environnement: Les femmes maraîchères du Poro face au choc climatique

Dans le nord de la Côte d’Ivoire, le maraîchage féminin, pilier discret mais essentiel de la sécurité alimentaire, vacille sous l’effet d’un climat devenu instable. Dans la région du Poro, les saisons ne répondent plus aux repères d’hier. Les pluies arrivent trop tôt ou trop tard, parfois avec une violence inédite, parfois dans une absence prolongée. Entre excès d’eau et sécheresse brutale, les femmes qui cultivent les bas-fonds apprennent à travailler une terre qui ne leur parle plus comme avant.  De Mongaha à Bahouakaha, de Koko Djélisso à Dikodougou, les champs racontent une même histoire, celle d’une agriculture sous pression. Une enquête menée en janvier 2025 auprès de 395 femmes maraîchères révèle que plus de 95 % d’entre elles se disent directement affectées par les effets du changement climatique. Derrière ce chiffre, ce sont des vies fragilisées, des économies familiales menacées, une sécurité alimentaire locale qui vacille.

Il est huit heures du matin à Mongaha ce 10 janvier 2025, quartier périphérique de Korhogo, pourtant situé à proximité d’une forêt classée. Le soleil est déjà écrasant. Dans le jardin maraîcher de l’association Yefouyiplin, qui signifie « réunissons-nous » en langue sénoufo, les femmes retournent une terre devenue compacte, parfois stérile. Les choux ont pourri après des pluies excessives, les feuilles de laitue jaunissent sous un soleil trop brutal. La détresse se lit dans les gestes lents, dans les silences.

Yéo Yallah, veuve depuis vingt ans et mère de sept enfants, a longtemps vécu de cette parcelle. Aujourd’hui, malgré ses efforts, elle peine à assurer la ration quotidienne de sa famille. Avant, confie-t-elle à voix basse, on savait quand semer et quand récolter. Aujourd’hui, la pluie vient quand elle veut.

À quelques kilomètres de là, de l’autre côté de la route, dans le quartier de Koko Djélisso, Tuo Penan affronte un autre visage du dérèglement climatique. Arrosoir à la main, daba posée à l’épaule, elle observe son champ partiellement submergé. En décembre 2024, des pluies inhabituelles pour cette période de l’année ont transformé la parcelle en zone inondée. Pour s’adapter, elle a rehaussé les buttes, tenté de canaliser l’eau, mais les pertes s’accumulent.

À Dikodougou et à Bahouakaha, le décor est inversé. Ici, ce sont les puits traditionnels qui racontent la crise. Des trous béants, asséchés, sans la moindre goutte d’eau. Les rivières se sont retirées. Soro Yedi, assise à l’ombre d’un arbre, le menton posé sur la main, regarde avec amertume ses plants desséchés. Depuis des semaines, dit-elle, il n’y a plus d’eau pour arroser le jardin. Les puits creusés à la main sont vides. On ne sait plus à quel saint se vouer.

À Dikodougou, le constat est partagé jusque dans les institutions. Soro Nicolas, premier adjoint au maire, évoque sans détour le déclin agricole de sa commune, autrefois considérée comme un pôle économique du Poro.  Dikodougou, explique-t-il, « alimentait les marchés environnants. Les commerçants venaient de Korhogo pour s’y approvisionner. Aujourd’hui, la situation s’est inversée. La commune dépend des produits venus d’ailleurs. Le changement climatique a fait perdre aux producteurs la maîtrise de leurs cultures. »

« Les barrages sont à sec. Là où l’eau ne manquait jamais, les femmes ne trouvent plus une goutte. Autrefois, on semait en mai, la récolte était garantie. Aujourd’hui, en juillet et en août, périodes censées être les plus arrosées, la sécheresse frappe sans prévenir. Les plants meurent en terre ». a-t-il ajouté

Cette réalité locale s’inscrit dans une tendance nationale documentée. La Côte d’Ivoire, pays de saisons, voit ses repères climatiques se brouiller. Les données climatologiques nationales montrent qu’entre 1961 et 2016, le pays a connu une baisse progressive des précipitations moyennes, estimée entre 10 et 20 % selon les zones, tandis que la température moyenne a augmenté d’environ un degré Celsius. Cette hausse, en apparence modérée, suffit à intensifier l’évaporation, à assécher les sols et à perturber les cycles agricoles.

PEBANA YANA DAVID SILUE, maître de conférences de géographie à l’Université Péléforo-Gon Coulibaly, observe cette évolution depuis plusieurs années. Il explique qu’une année peut enregistrer jusqu’à 1500 millimètres de pluie, tandis que l’année suivante dépasse à peine 700 millimètres. Traditionnellement, le mois d’août concentrait les pluies les plus abondantes.

Selon la Société d’Exploitation et de Développement Aéroportuaire, Aéronautique et Météorologique (SODEXAM)  le nord de la Côte d’Ivoire est caractérisé par un régime pluviométrique unimodal, avec un maximum des précipitations concentré entre juillet et septembre. En 2024, les cumuls de pluie enregistrés sur cette période dans la zone des savanes, incluant Korhogo, se situent globalement dans les normales climatiques, avec des volumes compris entre 300 et 450 mm pour la période septembre–novembre, et des pics pluviométriques observés en juillet et septembre.
Cependant, la SODEXAM relève une forte irrégularité intra-saisonnière, marquée par des pluies intenses sur de courtes durées, parfois supérieures à 30 à 50 mm en une seule journée, suivies de séquences sèches prolongées.

Ce dérèglement a des conséquences directes sur les cultures maraîchères. Lorsque l’eau arrive en excès, elle provoque des inondations et détruit les semis. Lorsqu’elle manque, les plantes subissent un stress hydrique sévère. Dans les deux cas, les pertes sont lourdes.  A-t-il souligné

Dérèglement climatique contribue à la pauvreté dans cette région

En 2021, la pauvreté monétaire touche 37,5 % de la population ivoirienne, mais elle reste massivement concentrée en milieu rural. Plus d’une personne sur deux vit sous le seuil de pauvreté dans les campagnes, contre un peu plus de 20 % en zone urbaine. Les régions du Nord figurent parmi les plus affectées, avec des taux dépassant largement la moyenne nationale, selon les données de l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages (EHCVM)  réalisées de novembre 2021 à juillet 2022 ;

Dans le Poro, cette vulnérabilité structurelle accentue l’impact du changement climatique sur les femmes maraîchères. Trois femmes sur quatre ont perdu au moins une récolte au cours des deux dernières années. Là où certaines coopératives produisaient plus de 100 tonnes il y a cinq ans, elles peinent aujourd’hui à atteindre 10 tonnes par an. « avant une seule récolte de carottes pouvait me rapporter jusqu’à 500 000 fcfa  (cinq cent mille francs CFA). Aujourd’hui, gagner cinquante mille francs relève du combat » s’est exprimée  Tuo Penan

 Louis Ebali, agent à la Direction régionale de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique du Poro, tire la sonnette d’alarme sur les conséquences sociales de la crise climatique.

« Il faut comprendre que pour ces femmes, le maraîchage n’est pas une activité secondaire ou un simple passe-temps. C’est le moteur vital de la famille. C’est cet argent qui finance l’alimentation quotidienne, les soins de santé et, surtout, l’éducation des enfants.

Aujourd’hui, le constat sur le terrain est douloureux : le peu que ces femmes parviennent à récolter ne suffit même plus à couvrir les besoins alimentaires de base. Or, dans notre région, ce sont elles qui portent l’essentiel des dépenses du foyer sur leurs épaules. Lorsque les récoltes chutent, ce n’est pas seulement un champ qui est perdu, c’est toute l’économie familiale qui vacille et menace de s’écrouler. »

Agnero Hermès, doctorant en sociologie et développement local à l’Université Péléforo-Gon Coulibaly, confirme cette chute brutale des revenus. Là où certaines exploitantes tiraient auparavant trente à quarante mille francs CFA par cycle de production, elles se retrouvent aujourd’hui autour de dix à quatorze mille francs. Une précarité qui s’installe durablement.

L’anaphabetisation un frein

L’accès à l’information constitue un autre obstacle majeur. Selon Soro Gaoussou, président de l’ONG Animation Rurale de Korhogo (ARK), une organisation qui  est spécialisée dans le developpement durable, près de 90 % des productrices ne savent ni lire ni écrire. Les messages de sensibilisation, souvent techniques et écrits, ne sont pas adaptés à leur réalité. Il plaide pour des outils visuels, pratiques, et pour une meilleure coordination entre chercheurs, ONG et pouvoirs publics afin d’accompagner durablement les agricultrices.

Engagement des autorités locales

Les autorités locales tentent d’apporter des réponses. À Korhogo, la mairie distribue ponctuellement des intrants agricoles. Plus de trois cents représentantes de femmes ont récemment bénéficié d’un appui en engrais. Mais ces aides restent limitées face à l’ampleur du défi climatique, selon Yacouba Coulibaly  directeur de cabinet du maire de Korhogo

À Dikodougou, la mairie tente de soutenir les femmes maraîchères malgré des moyens limités. Les autorités municipales annoncent leur intention d’intégrer, pour la première fois, des actions d’adaptation des femmes face au changement climatique dans le prochain programme triennal de développement communal.

Selon Nicolas Soro, premier adjoint au maire, cette prise de conscience est récente. Informée lors d’échanges à Abidjan de la possibilité pour les collectivités locales de porter des projets climatiques en faveur des femmes rurales, la municipalité prévoit d’inscrire ces initiatives dans son budget triennal à venir. Une étape institutionnelle jugée essentielle pour structurer un appui plus durable aux agricultrices confrontées aux effets du dérèglement climatique.

 Résilience  et  Adaptation  des femmes jardinières

Face au dérèglement climatique, les femmes jardinières du nord ivoirien ne se contentent plus de subir. Sur le terrain, leurs initiatives relèvent à la fois de l’adaptation et de la résilience. L’adaptation s’exprime dans les changements immédiats de pratiques agricoles. Pour faire face à la sécheresse et aux pluies imprévisibles, certaines utilisent des semences plus résistantes, surélèvent les buttes, creusent des puits artisanaux ou pratiquent la rotation des cultures. Ces ajustements visent à maintenir la production dans un contexte climatique devenu incertain.

 Comme  Tuo Penan, 8 femmes sur 10 expérimentent  l’agroecologie des cultures et la rotation des espèces. Elle mélange chou, salade et carotte sur une même parcelle. Si l’une échoue, l’autre peut réussir. Pour elle, c’est une stratégie de survie plus qu’un choix.

D’autres, comme Soro Sita, s’adonnent à des petits  métiers par exemple  les petits commerces ou la fabrication d’attiéké pour tenir les deux bouts.

Mais au-delà de ces réponses techniques, les femmes développent une véritable résilience communautaire. En s’organisant en associations, en mutualisant les efforts et en s’appuyant sur la solidarité locale, elles cherchent à absorber les chocs répétés sans perdre leurs moyens de subsistance. Cette résilience, encore fragile, repose largement sur leur capacité à rester unies face à l’adversité, en l’absence d’un accompagnement structurel suffisant

Solutions proposées par les chercheurs

Face à l’instabilité climatique, la recherche agronomique explore des alternatives capables de sécuriser les productions agricoles. À l’Université Péléforo-Gon Coulibaly de Korhogo, le Dr Koné Dofungo, enseignant-chercheur à l’Institut de gestion agropastorale, met en avant deux pistes majeures d’adaptation : l’adoption de variétés à cycle court et le développement de la culture hors sol.

Selon lui, la recherche s’oriente de plus en plus vers des semences dont le cycle de production est réduit, afin de limiter l’exposition des cultures aux aléas climatiques. L’exemple le plus emblématique reste le riz NERICA, New Rice for Africa, développé par Africa Rice. Contrairement aux variétés traditionnelles locales, dont le cycle pouvait durer cinq à six mois, le NERICA atteint la maturité en environ trois mois. Une réduction du cycle qui diminue considérablement les risques liés aux sécheresses, aux pluies excessives ou aux perturbations saisonnières.

Autre levier d’adaptation, la culture hors sol. Cette technique permet de mieux contrôler l’eau et les fertilisants, tout en s’affranchissant partiellement des contraintes liées à la dégradation des sols et à la raréfaction des ressources hydriques. Pour le chercheur, cette approche offre une réponse concrète aux défis posés par le changement climatique, en améliorant la résilience des exploitations agricoles, notamment celles portées par les femmes.

L’appel à l’action est urgent, Agir maintenant pour ne pas laisser le Nord s’éteindre

À Korhogo, Dikodougou comme à Bahouakaha une sous-préfecture de Sinematiali, la détermination des maraîchères ne suffit plus face au chaos climatique. Lorsque leurs jardins meurent, c’est l’éducation, la santé et l’alimentation de toute une génération qui sont sacrifiées. Les pouvoirs publics et les partenaires au développement doivent impérativement investir dans des systèmes d’irrigation modernes, des semences résilientes et des formations adaptées aux femmes rurales. Soutenir ces « sentinelles de la terre », c’est sauver le pilier économique de nos foyers. Le grenier du Poro ne doit pas devenir un désert par simple indifférence.

Enquête réalisée par Randohle.A

Projet Bi-Trougô : l’IDEF mobilise les autorités autour de la création d’une forêt communautaire à Debango

Dans le cadre du déploiement du projet Bi-Trougô, l’ONG initiatives pour le développement communautaire et de la  conservation de la forêt (IDEF) a rencontré, jeudi 15 janvier 2026,  les autorités administratives et les services techniques déconcentrés de l’État à Bondoukou, afin de poser les bases institutionnelles de la création d’une forêt communautaire dans le village de Debango.

Cet autre projet  s’inscrit dans le Projet Transition Bas Carbone, financé par l’Union européenne et mis en œuvre par Expertise France en collaboration avec le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique (MINEDDTE).

Selon le président de l’IDEF, le projet s’inscrit donc dans la continuité d’une action menée il y a deux ans dans cette localité. « Debango est l’un des villages bénéficiaires de nos précédents projets. La communauté a poursuivi les activités avec une forte approche communautaire. Aujourd’hui, c’est à leur demande que nous les accompagnons pour ériger et faire classer une zone forestière de leur terroir en forêt communautaire », a-t-il expliqué.

Contrairement aux forêts classées, parcs nationaux ou réserves naturelles, la forêt communautaire envisagée restera sous la gestion directe de la communauté locale. Un plan simplifié de gestion permettra aux populations de définir les usages possibles de la forêt, tout en garantissant sa conservation, a précisé le président de l’IDEF.

L’équipe de l’IDEF conduit par son président  Marc  Anthelme Kouadio  a été reçue par le préfet de région de Bondoukou le gouverneur Kouadio André, ainsi que les directeurs régionaux des ministères en charge de l’Environnement, des Eaux et Forêts, de l’Agriculture, et  du ministère de la Femme. Les échanges ont porté sur la promotion de la foresterie communautaire, la restauration des écosystèmes forestiers dégradés et le renforcement de la résilience climatique des communautés locales en particulier de la communauté de Debango.

« L’enjeu est de nous connecter aux directions régionales et de solliciter leur appui institutionnel, afin de garantir une mise en œuvre concertée et durable du projet », a conclu le président de l’IDEF.

Les autorités ont salué la pertinence du projet et son alignement avec les priorités nationales en matière de lutte contre le changement climatique et de développement durable. Elles ont exprimé leur disponibilité à accompagner l’initiative et à faciliter la mobilisation des acteurs locaux pour une mise en œuvre concertée et efficace.

Cette étape marque un jalon essentiel dans l’ancrage institutionnel du projet Bi-Trougô et confirme la volonté de l’IDEF de promouvoir une gouvernance inclusive des ressources forestières, au service des communautés locales et de la lutte contre le changement climatique.

Randohle.A

Marché carbone et cacao : la Côte d’Ivoire face à une opportunité climatique et agricole majeure

« La Côte d’Ivoire dispose d’environ six millions d’hectares éligibles. C’est une opportunité unique pour développer des projets carbone capables de générer des revenus tout en restaurant durablement les paysages forestiers »

Manque de liquidité pour l’achat des fèves de Cacao pour la campagne 2025-2026, les producteurs et la PICD Plaident  pour une banque agricole

À l’issue d’une conférence de presse organisée le 4 décembre à Yamoussoukro, plusieurs responsables de coopératives cacaoyères ont exprimé leur désarroi face  aux  blocages persistants dans la commercialisation du cacao, malgré la satisfaction exprimée à l’annonce du prix bord champ fixé cette année à 2 800 FCFA le kilo.

Une joie de courte durée. Des délais anormalement longs qui paralysent la filière

Les coopératives pointent du doigt les délais excessifs à toutes les étapes : émission et validation des connaissements, déchargement au port, encaissement des chèques, puis retrait des fonds en banque.

Selon le PCA de la coopérative CAPRISSA situé dans l’indenié djuablin
« Pour incorporer et valider un connaissement, nous avons immobilisé une remorque pendant près d’une semaine. Et au port, le déchargement peut prendre des jours, voire des semaines. Ensuite, récupérer l’argent à la banque peut prendre cinq jours à une semaine. »Ces lenteurs provoquent une situation financière critique.

Pres de 1MILLIARD 102 MILLIONS DE FCFA ne sont encore pas encore payés aux producteurs


« Nous sommes à près d’un milliard 102 millions de dépôts-vente que nous n’arrivons pas à payer tout simplement parce que tout est bloqué », a-t-il révélé.

Les magasins sont saturés du central aux sections, créant un problème de stockage aigu. Et ce retard de paiement a un impact direct sur les planteurs.


« Les producteurs ont des urgences. Ils préfèrent brader leurs produits que d’attendre le dépôt de vente, ce qui les pousse vers les acheteurs véreux », regrette Mr KOUADIO KOUAKOU LAURENT

Un appel fort au gouvernement et au Conseil du Café-Cacao

Les acteurs de la filière demandent un engagement plus fort des autorités pour débloquer la situation.
« Nous interpellons les décideurs à nous aider à rendre plus fluide le processus de déchargement du cacao au port et à accompagner les coopératives, surtout pour faciliter l’obtention des prêts bancaires », a insisté YAPO SEKA PCA de la coopérative GEDEON d’Affery il a par la suite proposé que  le CCC joue un rôle de garant pour soutenir les coopératives sérieuses dans l’accès au crédit.

Vers la création d’une banque agricole ?

Les responsables estiment que l’un des leviers essentiels serait la création d’une banque agricole dédiée, adaptée aux réalités du secteur.


« Oui, c’est vrai qu’on a fait des échecs avant, mais on peut toujours reprendre. Tant qu’on va rester là, les producteurs seront la proie des acheteurs véreux. Il faut que nous ayons une banque à nous-mêmes, adaptée à nos réalités », a plaidé un intervenant.

Pour lui, les producteurs remboursent déjà leurs crédits auprès des exportateurs ou des sociétés de camions ; il est donc incompréhensible que l’accès aux banques classiques soit si difficile.
Il appelle enfin le Conseil du Café-Cacao à être attentif à leurs préoccupations et à envisager des mécanismes de financement innovants :
« Il suffit de prévoir des lignes de prélèvement pour financer la création de cette banque et ça va nous faire du bien. » a renchérit YAPO SEKA PCA de la coopérative GEDEON d’Affery

Une filière sous pression qui attend des mesures fortes

Les responsables des coopératives concluent en exhortant le gouvernement et le ministère de tutelle à débloquer urgemment la situation pour permettre aux producteurs de recevoir rapidement leurs paiements et de poursuivre leurs activités dans de meilleures conditions.

                                                                  RANDOHLE. A

Côte d’Ivoire / Campagne cacao 2025-2026 : la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable alerte sur de graves dysfonctionnements et exhorte les autorités à adopter des mesures fortes pour une campagne plus transparente et plus efficace

Deux mois après le lancement de la grande campagne 2025-2026, la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD) tire la sonnette d’alarme.

Réunis du 3 au 4 Décembre 2025 à Yamoussoukro, au cours d’un atelier d’évaluation à mi-parcours de la   Campagne principale de  cacao 2025-2026, qui a lieu  à l’issue d’une vaste consultation auprès de ses 9 délégations régionales, la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD)  met en lumière une série de dysfonctionnements qui fragilisent les producteurs et perturbent l’ensemble de la chaîne de commercialisation du cacao,

Ces blocages sont de plusieurs niveaux, entre autres, la lenteur de la validation des connaissements qui occasionne des surcouts liées à la location des véhicules, le manque de financement des organisations professionnels Agricoles (OPA) qui entraine le refus des producteurs  au système dépôt vente.

La PICD dénonce en outre des « réfactions abusives » pratiquées par des acheteurs véreux. Ces derniers émettent des reçus officiels tout en retenant illégalement entre 3 et 5 kg par sac et  le prix effectivement versé aux producteurs passe sous la barre fixée à 2 800 FCFA/kg pour la campagne en cours.

L’appel de la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao durable

Pour sortir de cette impasse, la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable appelle le Conseil Café-Cacao à prendre des mesures d’urgence à savoir la  fluidification des déchargements, contrôle strict des prix et des pesées, renforcement des qualiticiens et facilité d’accès au crédit pour les coopératives.

Pour le moyen et long terme
« Elle recommande également un cadre de concertation entre acteurs, une accélération de la lutte contre le swollen shoot, l’entretien des pistes rurales et une meilleure valorisation des coopératives. »

Un appel à la responsabilité collective

La PICD réaffirme son engagement aux côtés du gouvernement et des acteurs de la filière pour garantir un revenu décent aux producteurs.
« Les producteurs de cacao sont les piliers de la richesse de la Côte d’Ivoire », rappelle la plateforme, exhortant les autorités à adopter des mesures fortes pour une campagne plus transparente et plus efficace.

A noté que cet atelier s’inscrit le cadre du projet « Renforcement de la société civile pour la durabilité et la bonne gouvernance de la filière cacao en Côte d’Ivoire », cofinancé par l’Union Européenne, et Porté par un consortium d’organisations composé d’INADES-Formation Côte d’Ivoire, IDEF, Solidaridad West Africa, INKOTA Netzwerk et FERN, ce projet vise à structurer un réseau solide d’acteurs engagés pour un cacao durable, équitable et respectueux des droits humains.

                                                                                                        Randohle.A

Interview avec Éric Konan, Coordonnateur du Projet Paiement des Réductions d’Émissions (PRE) « Le projet PRE a déjà réduit 20 millions de tonnes de CO2 »

Dans le cadre de la transition écologique et de la lutte contre le changement climatique, la Côte d’Ivoire a mis en œuvre le Projet Paiement des Réductions d’Émissions (PRE). Ce projet pilote, inscrit dans le mécanisme international REDD+, permet de réduire les émissions de CO2, de protéger les forêts et de récompenser les communautés locales.

Pour en comprendre les enjeux, nous avons rencontré Éric Konan, coordonnateur du projet PRE.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Éric Konan (EK) : Bonjour, je suis Éric Konan, ingénieur des Eaux et Forêts et coordonnateur du Projet Paiement des Réductions d’Émissions (PRE). Ce projet s’inscrit dans la phase de paiement basé sur les résultats du mécanisme REDD+.

Qu’est-ce que le projet PRE et quelle est sa durée ?

EK : Le PRE vise à réduire la déforestation et la dégradation des forêts, à valoriser les réductions d’émissions de CO2 sur les marchés du carbone et à redistribuer les revenus issus de la vente des crédits carbone aux bénéficiaires.
La première phase a démarré en 2020 pour une durée de cinq ans, suite à la signature d’un contrat entre la Côte d’Ivoire et le Fonds carbone de la Banque mondiale.

Quelles sont les zones concernées par ce projet ?

EK : Le projet couvre cinq régions administratives autour du parc national de Taï : Cavally, Guémon, Nawa, San-Pédro et Gbokle.

Quels sont les objectifs prioritaires ?

EK : Les priorités sont claires : réduire les émissions de gaz à effet de serre, augmenter la séquestration de carbone à travers le reboisement et l’agroforesterie, et redistribuer les revenus générés aux communautés locales et partenaires.

Quelles activités menez-vous concrètement ?

EK : Nous travaillons sur trois grands axes : à savoir la conservation des forêts, le reboisement de zones dégradées, et l’agroforesterie, notamment l’introduction d’arbres forestiers dans les plantations de cacao.

Qui sont les bénéficiaires du projet ?

EK : Les bénéficiaires sont toutes les personnes et structures des cinq régions concernées qui pratiquent l’agroforesterie, le reboisement ou la conservation des forêts. Cela inclut les planteurs, les communautés locales, les coopératives, mais aussi les administrations, ONG et organisations qui accompagnent les populations.

Comment mesurez-vous les réductions d’émissions ?

EK : Les réductions sont calculées selon les standards internationaux du Fonds carbone de la Banque mondiale. Nous disposons d’experts en télédétection et inventaire de gaz à effet de serre qui établissent ces données. Elles sont ensuite vérifiées et certifiées par des auditeurs indépendants mandatés par la Banque mondiale. Une fois certifiées, les paiements sont déclenchés.

Les communautés locales sont-elles réellement impliquées ?

EK : Elles sont plus qu’impliquées : elles sont au cœur du projet. Ce sont elles qui réalisent les activités sur le terrain. Sans leur engagement, il n’y aurait pas de PRE.

Comment avez-vous convaincu les populations de conserver leurs forêts ?

EK : Cela n’a pas été facile. Depuis 2013, la Côte d’Ivoire mène des campagnes de sensibilisation. Progressivement, les communautés ont compris qu’il est possible de produire sans détruire la forêt. Aujourd’hui, elles voient l’agroforesterie comme une source de revenus et une garantie de durabilité.

Quels résultats avez-vous obtenus jusqu’à présent ?

EK : C’est environ 20 millions de tonnes d’équivalent CO2 qui ont été réduites et certifiées au cours de la période allant du 20 octobre 2020 au 31 décembre 2023, avec environ 8 millions de tonnes supplémentaires qui sont en attente de vérification pour l’année 2024. Et pour le premier appel à manifestation d’intérêt, ce sont environ 59.000 bénéficiaires qui ont été recensés dont 43.000 ont été jugés éligibles au paiement et 28.000 de ces 43.000 bénéficiaires-là ont fait l’objet de vérification donc leurs activités ont effectivement été vérifiées sur le terrain et 11.500 ont déjà reçu leur paiement pour un peu plus de 1,5 milliard de francs CFA qui ont été distribués et les paiements y se poursuivent.

Comment fonctionne le mécanisme de paiement ?

EK : Les paiements sont effectués par la Fondation pour les Parcs et Réserves, directement sur les comptes bancaires ou mobiles des bénéficiaires.
Le montant varie selon la superficie et l’activité réalisée. Par exemple, un hectare d’agroforesterie avec 25 arbres rapporte environ 30.000 FCFA.

Quelles mesures garantissent la transparence dans la gestion des fonds ?

EK : Un plan de partage des bénéfices a été élaboré et validé par toutes les parties prenantes. Il définit les bénéficiaires et les modalités d’accès aux paiements. En plus, des audits indépendants sont réalisés régulièrement pour s’assurer du respect de ce plan.

Comment assurez-vous la durabilité des acquis après le financement ?

EK : Nous observons déjà une amélioration de la résilience des plantations grâce à l’agroforesterie. De plus, une partie des revenus est placée dans un fonds de dotation géré par la Fondation pour les Parcs et Réserves, qui généreront des intérêts pour maintenir les paiements à long terme.

Y a-t-il encore une possibilité de s’inscrire au projet ?

EK : Oui. Le deuxième appel à manifestation d’intérêt est ouvert jusqu’au 22 octobre 2025. Les personnes peuvent s’inscrire en ligne sur www.projetpre.ci ou auprès des services déconcentrés des ministères concernés, des autorités locales et des coopératives partenaires.

Quel message souhaitez-vous adresser aux communautés et aux journalistes ?

EK : Aux communautés, je dis : l’argent est disponible, venez-vous faire recenser pour bénéficier de vos efforts en faveur de la forêt.
Aux journalistes : soyez nos relais pour diffuser l’information partout, jusque dans le plus petit village. C’est ainsi que toutes les personnes concernées pourront profiter des retombées du projet.

Interview réalisée par Randohle A., dans le cadre du projet Afrikibarru 2 financé par Canal France International (CFI), dont AgrotvCI est bénéficiaire.

Bondoukou célèbre la Journée Internationale des Coopératives 2025 : l’Agropole du Nord-Est au cœur de la transformation agricole

À l’occasion de la Journée Internationale des Coopératives 2025, célébrée à Bondoukou, plusieurs initiatives majeures du secteur agricole ont été mises en avant. Parmi elles, l’Agropole du Nord-Est s’impose comme un projet structurant et porteur d’espoir pour la région du Gontougo et pour l’ensemble du pays.

Fruit de la vision du Président de la République, S.E.M. Alassane Ouattara, ce projet bénéficie déjà d’un financement sécurisé et amorce une nouvelle phase décisive dans la modernisation de l’agriculture ivoirienne.

L’Agropole du Nord-Est est appelé à devenir un puissant levier de développement économique. En favorisant la transformation locale, il offrira de réelles opportunités d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, tout en contribuant à l’amélioration des revenus des producteurs. Les populations de la région profiteront directement des retombées de leur travail, renforçant ainsi l’inclusion sociale et la résilience économique.

Au-delà du Gontougo, l’impact attendu s’étend à l’économie nationale grâce à la valorisation des productions agricoles et à la réduction des pertes post-récolte. Ce projet stratégique illustre la volonté de l’État de faire de l’agriculture une véritable industrie au service de la croissance et du bien-être des populations.

La célébration a également été marquée par un geste fort de solidarité. Au nom du Premier Ministre, le Ministre Siandou Fofana a procédé à une remise de dons, traduisant l’engagement du gouvernement à accompagner les coopératives et les acteurs du monde rural dans leurs efforts quotidiens.

La Journée Internationale des Coopératives 2025 à Bondoukou a ainsi été l’occasion de réaffirmer le rôle central des coopératives dans le développement agricole et de mettre en lumière un projet d’envergure nationale : l’Agropole du Nord-Est, véritable symbole d’espoir et de prospérité pour le Gontougo et la Côte d’Ivoire.

KP

Un pas décisif pour la traçabilité et l’organisation de l’élevage en Côte d’Ivoire

Le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques, à travers la Direction des Productions Animales, a organisé les 24 et 25 septembre 2025 au centre antirabique de Cocody, un atelier de validation portant sur les arrêtés fixant les conditions d’installation des exploitations d’élevage ainsi que les règles générales d’identification des animaux, des propriétaires et des locaux.

Présidée par M. DOUGNON Gouébrini, Directeur de Cabinet Adjoint, représentant le Ministre des Ressources Animales et Halieutiques, M. Sidi Tiémoko TOURÉ, cette rencontre visait à examiner et valider de manière participative les textes d’application des décrets relatifs à l’organisation de l’élevage et à l’identification des acteurs du secteur.

Dans son allocution d’ouverture, M. DOUGNON Gouébrini a rappelé que ces réformes permettront d’instaurer un système de traçabilité fiable, de renforcer l’organisation des exploitations et la biosécurité, mais aussi de protéger la santé animale, la santé publique et l’environnement. Il a insisté sur l’importance de ces arrêtés, qualifiés d’outils essentiels pour l’application effective des décrets et considérés comme une étape majeure dans la structuration du secteur de l’élevage.

Prenant la parole, Mme Ouattara Nah, Directrice des Productions Animales, a souligné que l’adoption de ces textes constitue un tournant décisif dans la réglementation de l’élevage en Côte d’Ivoire. Elle a précisé que leur mise en œuvre favorisera une meilleure organisation des installations, l’établissement d’un système national d’identification des animaux et des exploitations, et contribuera à renforcer la sécurité sanitaire et commerciale du secteur.

Pendant deux jours, 41 professionnels issus du monde de l’élevage ont travaillé sur les contenus des arrêtés afin d’en assurer la pertinence et l’adéquation aux réalités du terrain. Les conclusions de ces travaux devraient permettre d’avancer vers une modernisation et une meilleure régulation de l’élevage en Côte d’Ivoire

KP

DICEFA: Un 𝐩𝐫𝐨𝐠𝐫𝐚𝐦𝐦𝐞 𝐦𝐢𝐬 𝐞𝐧 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥’𝐚𝐮𝐭𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐬𝐞𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐠𝐫𝐢𝐜𝐨𝐥𝐞

Abidjan, le 23 septembre 2025 – Le directeur régional d’Abidjan du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), Dako Dano, a présenté, ce mardi 23 septembre 2025 à Abidjan-Plateau, lors de la tribune d’échange hebdomadaire « Tout Savoir Sur » (TSS) organisée par le Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG), le programme DICEFA (Développement des Initiatives et des Capacités Économiques Féminines pour leur Autonomisation).

Ce programme, officiellement lancé le vendredi dernier par le Premier Ministre Robert Beugré Mambé, vise à favoriser l’autonomisation des femmes œuvrant dans le secteur agricole. Doté d’un budget de plus de 28,5 milliards de FCFA, il a pour objectif de toucher 105 000 ménages en cinq ans, afin d’améliorer leur cadre de vie et leurs conditions de travail.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des recommandations des Assises Nationales des Femmes de Côte d’Ivoire (ANAFCI) et fait suite à une série d’activités menées en 2024 par le ministère dirigé par Nassénéba Touré. Ces activités ont permis de recueillir les besoins et recommandations des femmes du secteur agricole pour renforcer leur autonomisation.

Le programme cible principalement les femmes organisées en groupements ou associations agricoles. Selon Dako Dano, il apporte un soutien aux femmes impliquées dans la production, la transformation, le transport et la commercialisation des produits agricoles. « Ces femmes sont identifiées localement par les autorités préfectorales et les directeurs régionaux. Leur sélection repose sur des critères objectifs et transparents », a-t-il assuré.

Le programme finance les femmes et les accompagne durablement à travers la formation, le suivi, et la création de réseaux de commercialisation.

Les 28,5 milliards de FCFA alloués au programme seront utilisés pour construire des centres de transformation modernes, fournir des formations et des équipements de production. « L’objectif est d’augmenter la plus-value des produits agricoles et de permettre aux femmes bénéficiaires d’améliorer leurs revenus et d’accroître leur autonomie », a souligné le directeur régional d’Abidjan du MFFE.

Notons que le programme repose sur quatre grandes composantes : la construction et l’équipement de 20 centres modernes de transformation, l’apport technologiques à la chaîne de valeur vivrière, l’accélération des entreprises agricoles féminines, et un fonds de roulement et de financement des entreprises.

A terme, DICEFA ambitionne de créer 200 entreprises féminines et de soutenir 10 500 coopératives dans les zones rurales et périurbaines. En intégrant des solutions digitales et technologiques, le programme vise à améliorer la production, la transformation et la commercialisation. Les retombées économiques de ce programme devraient se traduire par un chiffre d’affaires collectif de 50 milliards de FCFA par an pour les femmes bénéficiaires, leurs familles et leurs communautés.

En savoir plus : https://www.gouv.ci/actualite/19022

CICG #GouvCI

L’accord de pêche de l’OMC est rentré officiellement en vigueur

L’Accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les subventions à la pêche est officiellement rentré en vigueur le 15 septembre 2025, selon une note émanant de l’Institution internationale. Cette étape, fruit de plus de 20 ans de négociation témoigne de la volonté des Pays qui ont ratifié cet accord de mettre fin à la surpêche.

Cela a été possible grâce aux acceptations qui ont atteint plus des deux tiers des membres de l’Organisation, avec le Brésil, le Kenya, le Vietnam et les Tonga, qui ont reçu les instruments d’acceptation de l’Accord des mains de la Directrice générale de l’OMC. Ngozi Okonjo-Iweala.

Mme Okonjo-Iweala, a d’ailleurs rappelé la nécessité pour les membres de travailler ensemble pour relever les défis à relever dans le secteur de la pêche, saluant cette officialisation.

« À l’heure où le système commercial international est confronté à de profonds défis, l’Accord sur les subventions à la pêche envoie un signal fort : les membres de l’OMC peuvent travailler ensemble dans un esprit de coopération et de responsabilité partagée pour trouver des solutions aux défis mondiaux. L’entrée en vigueur de cet accord nous rappelle que nombre des plus grands défis auxquels nous sommes confrontés sont mieux traités au niveau multilatéral. Les peuples et les nations ont besoin d’un multilatéralisme efficace – c’est pourquoi la journée d’aujourd’hui est si rassurante. », a-t-elle indiqué.

Elle a signé la notification officielle d’entrée en vigueur de l’Accord et l’a remise au président du Conseil général, l’ambassadeur Saqer Abdullah Almoqbel d’Arabie saoudite, marquant ainsi l’intégration officielle de l’Accord dans le cadre juridique de l’OMC.

Détermination, engagement collectif, volonté politique

A son tour l’ambassadeur Saqer Abdullah Almoqbel, a relevé la détermination et l’engagement collectif de tous ainsi qu’une volonté politique et une coordination rigoureuse dans les différents pays.

« Cet Accord témoigne de notre vision commune d’une pêche mondiale durable. L’acceptation du Protocole a exigé non seulement l’engagement de nos ambassadeurs et délégués ici à Genève, mais aussi une réelle volonté politique et une coordination rigoureuse dans les capitales. C’est grâce à notre détermination et à notre engagement collectif que nous assistons aujourd’hui à son entrée en vigueur. », a-t-il indiqué.

« Les membres ont salué l’Accord comme une étape majeure pour l’OMC, soulignant qu’il confirmait leur engagement envers le système commercial multilatéral et une planète plus durable. Ils se sont également engagés à commencer à le mettre en œuvre, soulignant le rôle clé qu’il jouera dans la restauration des stocks halieutiques, la protection des moyens de subsistance des communautés de pêcheurs et la promotion de la sécurité alimentaire », précise la note de l’Organisation.

Adopté par consensus lors de la 12e Conférence ministérielle de l’OMC en juin 2022, l’Accord interdit les subventions à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, à la pêche des stocks surexploités et à la pêche hauturière non réglementée.

MYA 

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