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Marché carbone et cacao : la Côte d’Ivoire face à une opportunité climatique et agricole majeure

« La Côte d’Ivoire dispose d’environ six millions d’hectares éligibles. C’est une opportunité unique pour développer des projets carbone capables de générer des revenus tout en restaurant durablement les paysages forestiers »

Protection de la biodiversité : le Domaine de la Rêverie engagé pour une Réserve Naturelle Volontaire

Préserver ce qui reste pour transmettre aux générations futures. À Anyama, le Domaine de la Rêverie s’engage dans un processus de classement en Réserve Naturelle Volontaire, avec l’appui des autorités environnementales, des journalistes et des communautés locales, afin de sauver La dernière forêt en Abidjan reliant le Parc National du Banco et la Forêt Classée Yapo-Abbe.

Face aux menaces croissantes qui pèsent sur les écosystèmes, l’exploitation forestière, agriculture extensive, urbanisation galopante,  la Côte d’Ivoire explore des solutions participatives pour renforcer la protection de sa biodiversité. Pour ce fait, le 11 février 2002, une loi portant sur la création, la gestion et le financement des réserves naturelles volontaires a été adoptée par l’assemblée nationale, ce décret  permet à tout propriétaire, communauté ou institution d’engager volontairement ses terres dans un processus de conservation officielle. Il existe cinq (5) Réserves naturelles volontaires en Côte d’Ivoire jusqu’à ce jour…..qui sont la réserve naturelle volontaire Eden de l’Agneby-Tiassa, la réserve naturelle Corridor Ecologique de Tai, les sites SIFCA (Eyania et Zuenoula), Reserve naturelle volontaire du N’ZI; la forêt maraie Tanoe Eyi.

Afrikibarru 2, un cadre d’échange et d’accompagnement

Lors du 2e voyage de presse  qui s’inscrit dans la dynamique du projet Afrikibarru 2 financé par CFI Media, et mis en œuvre par l’ONG Initiative pour le développement communautaire et la conservation de la Foret  qui promeut la gouvernance environnementale participative , 5 journalistes bénéficiaires de ce projet, experts du MINEDD-TE et de la Direction de la Protection de l’environnement , gestionnaires du Domaine de la Rêverie  et la communauté ont échangé sur les exigences techniques, juridiques et environnementales liées à la création d’une RNV. Cette rencontre a permis de clarifier les responsabilités du gestionnaire, mais aussi les opportunités offertes par ce statut: reconnaissance officielle, accompagnement technique de l’État et contribution aux engagements nationaux de conservation.

Domaine de la Rêverie : une vision environnementale née il y a plus de 50 ans

« Le Domaine de la Rêverie est né de la vision précoce d’un homme qui, dès le départ et sur deux générations, a su anticiper l’importance des enjeux environnementaux auxquels le monde est aujourd’hui confronté. Dans les années 1970, il fait l’acquisition d’une portion de l’ex-forêt classée de la Téké, alors déclassée. Contrairement aux usages courants de l’époque, il choisit de préserver une grande partie de ce patrimoine forestier, une décision maintenue jusqu’à ce jour, depuis 1971. À l’origine, la forêt s’étendait sur environ 858 hectares. Aujourd’hui, il n’en subsiste qu’un fragment estimé à 74Hectares, dont l’« eau pleine de terre » constitue l’un des derniers vestiges, témoin du lien étroit entre l’homme et la nature qui caractérisait autrefois cet espace. C’est autour de cette volonté de conservation qu’a été créé le Domaine de la Rêverie, un centre de recherche axé sur l’agroécologie et la protection de l’environnement. Toutefois, la survie d’un tel écosystème reste un défi majeur face aux pressions anthropiques croissantes. » a déclaré Soycado Samuel, ingénieur agronome spécialisé en production végétale, représentant les gestionnaires du domaine

Un site naturel porté par une vision de conservation

Situé à 6 kilomètres du village de Yapokoi dans la commune d’Anyama dans le Nord-Est de la capitale économique de la Cote d’Ivoire, le domaine de la rêverie s’étend sur une superficie de 74 hectares dont 12 hectares de forêts  primaires et 62 Hectares de forêts secondaires, niché dans un environnement encore préservé, le Domaine de la Rêverie se distingue par la richesse de ses paysages, sa couverture végétale et la présence d’espèces locales caractéristiques. Conscients de la fragilité de cet écosystème, les gestionnaires du domaine ont exprimé leur volonté de protéger durablement le site, tout en conciliant conservation, éducation environnementale et valorisation responsable.

Le domaine de la rêverie abrite une riche faune et flore

Marc Anthelme Kouadio, président de l’ONG  initiative pour le développement communautaire et la conservation de la Foret accompagnatrice de ce projet  a présenté les espèces et essences découverts dans le domaine de la Rêverie qui nécessite qu’il soit érigé en réserve Naturelle Volontaire. Selon lui, bien que la liste ne soit pas encore exhaustive, le Domaine de la Rêverie abrite une faune relativement diversifiée. Plusieurs espèces ont déjà été observées, notamment des perroquets à tête blanche, ainsi que des traces de céphalophes, communément appelés biches ou petits gibiers. Certaines espèces identifiées sont aujourd’hui menacées de disparition. En ce qui concerne la flore, le site regorge de nombreuses essences forestières. Parmi les espèces déjà recensées figurent notamment le badi ou bilinga, les ilombas, ainsi que plusieurs autres essences caractéristiques de la forêt dense, on a onze espèces d’amphibiens. On a vu des crapaudes d’alouelles, des crapauds, des scélophys, des grenouilles qui sont aussi en voie de disparition.

« Ce massif forestier joue par ailleurs un rôle écologique stratégique. Il constitue une zone de transition essentielle entre le Parc national du Banco et la forêt classée de Yapo-Abbé, servant de corridor naturel pour la migration des oiseaux vers cette dernière. Sans l’existence de ce pôle forestier, ces mouvements migratoires seraient fortement compromis » a insisté Marc Anthelme Kouadio.

L’implication des communautés dans la conservation et la protection des réserves naturelles volontaires

Toujours dans son exposé le président de l’ONG IDEF a souligné l’importance de la communauté dans cette bataille. Pour lui, il faut que la communauté soit impliquée pour que la forêt survive  « La gestion du Domaine de la Rêverie ne repose pas uniquement sur les responsables du site. Elle se veut inclusive et participative, en intégrant pleinement les communautés locales riveraines, notamment celles du village de Yapokoi, situé à proximité immédiate du domaine, L’objectif est de leur faire comprendre la démarche d’inclusion et d’implication envisagée dans la gestion durable du site. Cette participation passera par un accompagnement structuré et des actions de formation, afin de leur permettre d’identifier clairement les rôles qu’elles peuvent jouer dans la préservation et la conservation de ce patrimoine naturel.

Les procédures d’érection expliquée sur le terrain par les représentants du département de la protection de la nature

« La procédure d’érection d’une forêt en réserve naturelle volontaire débute par une demande officielle de classement. Celle-ci est formulée par la communauté, le gestionnaire ou le promoteur, à travers un courrier adressé au ministère en charge des Parcs et Réserves, exprimant la volonté de voir la forêt concernée bénéficier de ce statut de protection.

À la suite de cette requête, une équipe technique de la direction compétente est dépêchée sur le terrain pour une visite d’évaluation. Cette mission permet d’apprécier l’état de conservation de la forêt et de vérifier si elle répond aux critères requis pour être classée en réserve naturelle volontaire. À l’issue de cette visite, les experts formulent leurs observations et recommandations.

La troisième étape porte sur la constitution du dossier technique, un document clé qui comprend notamment des inventaires de la faune et de la flore, des études socio-économiques, des cartes à l’échelle, ainsi qu’un document attestant de la propriété ou des droits du promoteur sur la forêt concernée.

Une fois le dossier technique finalisé, une commission de classement est mise en place. Présidée par le préfet, cette commission examine l’ensemble des éléments du dossier et rend un avis. Si les membres se prononcent favorablement, le processus se poursuit avec l’élaboration d’un projet de décret, soumis à la validation des ministres concernés. Après adoption, la forêt est officiellement reconnue comme réserve naturelle volontaire » a expliqué de façon linéaire Péronne Kouassi, chef des services à la Direction de la protection de la nature du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la transition écologique.

Le chef des services à la Direction de la protection de la nature du ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la transition écologique a insisté que bien que ces étapes puissent sembler simples sur le papier, la procédure est généralement longue et rigoureuse. Elle implique plusieurs études, la production de documents techniques, mais aussi de nombreuses actions de sensibilisation auprès des communautés locales, afin de recueillir leur adhésion et de prévenir tout litige. L’objectif est de garantir un consensus autour d’un espace qui intègre le patrimoine de l’État, tout en restant géré de manière participative par les communautés.

Enfin, l’érection en réserve naturelle volontaire s’accompagne de l’élaboration d’un plan d’aménagement et de gestion, défini en concertation avec les populations concernées. Cette approche vise à assurer la protection durable des écosystèmes, dans une logique de gestion participative, afin de préserver l’environnement et de transmettre ce patrimoine naturel aux générations futures ». 

Adam’S Kouassi, chef de service au niveau de la direction de la protection de la nature, du ministère de l’environnement et de la transition écologique a ajouté que « pour être classé en réserve naturelle volontaire, le site doit être naturel, bien conservé, rare et présenter un intérêt régional, national ou international, notamment par la présence d’espèces endémiques ou d’éléments remarquables.
Un autre critère essentiel est la preuve de la propriété du site par le promoteur, sans laquelle aucun classement n’est possible.
Enfin, la superficie et l’existence d’une carte du site sont encadrées par la loi ».

Un appel bien perçu par la communauté

Elles étaient une dizaine venue pour s’informer sur l’importance de s’impliquer à la protection de ce joyau qui leur est favorable  , elles en ressortent de ces échanges bien informées  et s’engagent  « En tout cas c’est ici que les tradipraticiens et nos mamans prennent les écorces des bois pour soigner les maladies donc, nous en s’engage dans la surveillance et alerter si nous voyons des choses pas claires ici » s’est exprimée Boa Rosaleine qui a participé pleinement à l’inventaire de nuit comme de jours

RANDOHLE .A

Manque de liquidité pour l’achat des fèves de Cacao pour la campagne 2025-2026, les producteurs et la PICD Plaident  pour une banque agricole

À l’issue d’une conférence de presse organisée le 4 décembre à Yamoussoukro, plusieurs responsables de coopératives cacaoyères ont exprimé leur désarroi face  aux  blocages persistants dans la commercialisation du cacao, malgré la satisfaction exprimée à l’annonce du prix bord champ fixé cette année à 2 800 FCFA le kilo.

Une joie de courte durée. Des délais anormalement longs qui paralysent la filière

Les coopératives pointent du doigt les délais excessifs à toutes les étapes : émission et validation des connaissements, déchargement au port, encaissement des chèques, puis retrait des fonds en banque.

Selon le PCA de la coopérative CAPRISSA situé dans l’indenié djuablin
« Pour incorporer et valider un connaissement, nous avons immobilisé une remorque pendant près d’une semaine. Et au port, le déchargement peut prendre des jours, voire des semaines. Ensuite, récupérer l’argent à la banque peut prendre cinq jours à une semaine. »Ces lenteurs provoquent une situation financière critique.

Pres de 1MILLIARD 102 MILLIONS DE FCFA ne sont encore pas encore payés aux producteurs


« Nous sommes à près d’un milliard 102 millions de dépôts-vente que nous n’arrivons pas à payer tout simplement parce que tout est bloqué », a-t-il révélé.

Les magasins sont saturés du central aux sections, créant un problème de stockage aigu. Et ce retard de paiement a un impact direct sur les planteurs.


« Les producteurs ont des urgences. Ils préfèrent brader leurs produits que d’attendre le dépôt de vente, ce qui les pousse vers les acheteurs véreux », regrette Mr KOUADIO KOUAKOU LAURENT

Un appel fort au gouvernement et au Conseil du Café-Cacao

Les acteurs de la filière demandent un engagement plus fort des autorités pour débloquer la situation.
« Nous interpellons les décideurs à nous aider à rendre plus fluide le processus de déchargement du cacao au port et à accompagner les coopératives, surtout pour faciliter l’obtention des prêts bancaires », a insisté YAPO SEKA PCA de la coopérative GEDEON d’Affery il a par la suite proposé que  le CCC joue un rôle de garant pour soutenir les coopératives sérieuses dans l’accès au crédit.

Vers la création d’une banque agricole ?

Les responsables estiment que l’un des leviers essentiels serait la création d’une banque agricole dédiée, adaptée aux réalités du secteur.


« Oui, c’est vrai qu’on a fait des échecs avant, mais on peut toujours reprendre. Tant qu’on va rester là, les producteurs seront la proie des acheteurs véreux. Il faut que nous ayons une banque à nous-mêmes, adaptée à nos réalités », a plaidé un intervenant.

Pour lui, les producteurs remboursent déjà leurs crédits auprès des exportateurs ou des sociétés de camions ; il est donc incompréhensible que l’accès aux banques classiques soit si difficile.
Il appelle enfin le Conseil du Café-Cacao à être attentif à leurs préoccupations et à envisager des mécanismes de financement innovants :
« Il suffit de prévoir des lignes de prélèvement pour financer la création de cette banque et ça va nous faire du bien. » a renchérit YAPO SEKA PCA de la coopérative GEDEON d’Affery

Une filière sous pression qui attend des mesures fortes

Les responsables des coopératives concluent en exhortant le gouvernement et le ministère de tutelle à débloquer urgemment la situation pour permettre aux producteurs de recevoir rapidement leurs paiements et de poursuivre leurs activités dans de meilleures conditions.

                                                                  RANDOHLE. A

Côte d’Ivoire / Campagne cacao 2025-2026 : la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable alerte sur de graves dysfonctionnements et exhorte les autorités à adopter des mesures fortes pour une campagne plus transparente et plus efficace

Deux mois après le lancement de la grande campagne 2025-2026, la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD) tire la sonnette d’alarme.

Réunis du 3 au 4 Décembre 2025 à Yamoussoukro, au cours d’un atelier d’évaluation à mi-parcours de la   Campagne principale de  cacao 2025-2026, qui a lieu  à l’issue d’une vaste consultation auprès de ses 9 délégations régionales, la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD)  met en lumière une série de dysfonctionnements qui fragilisent les producteurs et perturbent l’ensemble de la chaîne de commercialisation du cacao,

Ces blocages sont de plusieurs niveaux, entre autres, la lenteur de la validation des connaissements qui occasionne des surcouts liées à la location des véhicules, le manque de financement des organisations professionnels Agricoles (OPA) qui entraine le refus des producteurs  au système dépôt vente.

La PICD dénonce en outre des « réfactions abusives » pratiquées par des acheteurs véreux. Ces derniers émettent des reçus officiels tout en retenant illégalement entre 3 et 5 kg par sac et  le prix effectivement versé aux producteurs passe sous la barre fixée à 2 800 FCFA/kg pour la campagne en cours.

L’appel de la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao durable

Pour sortir de cette impasse, la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable appelle le Conseil Café-Cacao à prendre des mesures d’urgence à savoir la  fluidification des déchargements, contrôle strict des prix et des pesées, renforcement des qualiticiens et facilité d’accès au crédit pour les coopératives.

Pour le moyen et long terme
« Elle recommande également un cadre de concertation entre acteurs, une accélération de la lutte contre le swollen shoot, l’entretien des pistes rurales et une meilleure valorisation des coopératives. »

Un appel à la responsabilité collective

La PICD réaffirme son engagement aux côtés du gouvernement et des acteurs de la filière pour garantir un revenu décent aux producteurs.
« Les producteurs de cacao sont les piliers de la richesse de la Côte d’Ivoire », rappelle la plateforme, exhortant les autorités à adopter des mesures fortes pour une campagne plus transparente et plus efficace.

A noté que cet atelier s’inscrit le cadre du projet « Renforcement de la société civile pour la durabilité et la bonne gouvernance de la filière cacao en Côte d’Ivoire », cofinancé par l’Union Européenne, et Porté par un consortium d’organisations composé d’INADES-Formation Côte d’Ivoire, IDEF, Solidaridad West Africa, INKOTA Netzwerk et FERN, ce projet vise à structurer un réseau solide d’acteurs engagés pour un cacao durable, équitable et respectueux des droits humains.

                                                                                                        Randohle.A

Cacao : la PICD réclame un prix bord champ entre 2 500 et 3 000 FCFA/kg pour la campagne 2025-2026

Yamoussoukro, 30 septembre 2025 – Réunis à Yamoussoukro, les responsables de la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD) ont exprimé, lors d’une conférence de presse, les attentes des producteurs pour la prochaine campagne cacao. Leur revendication est claire : un prix bord champ minimum compris entre 2 500 et 3 000 FCFA/kg.

« Après la hausse à 2 200 FCFA/kg de la campagne intermédiaire 2024-2025, nous avons salué la volonté du gouvernement de mieux répercuter les prix internationaux sur le revenu des producteurs », a déclaré le porte-parole de la plateforme. « Mais le prix de 1 800 FCFA/kg fixé lors de la dernière campagne principale avait laissé un goût amer. Cette année, les planteurs attendent un signal fort. »

Des producteurs fragilisés par le climat et les maladies

Face aux journalistes, les représentants de la PICD ont insisté sur les réalités vécues dans les villages cacaoyers.

« Nos producteurs souffrent des effets du changement climatique, de la sécheresse, des maladies comme le Swollen Shoot, et du vieillissement des vergers », a expliqué Desiré Ano coordonnateur PICD Agboville .. « Les rendements baissent, alors que les charges augmentent. » Selon eux, l’âge moyen des producteurs reste compris entre 45 et 50 ans, freinant le renouvellement générationnel.

 « Les jeunes se détournent de la filière, car ils ne voient pas d’avenir viable. Fixer un prix juste, c’est aussi investir dans l’avenir du cacao », a insisté la PICD.

Les coopératives tirent la sonnette d’alarme

Autre point sensible abordé : la situation financière des sociétés coopératives.

« Nous collectons le cacao dans des zones souvent reculées, sans aucune subvention. Le différentiel de ramassage, fixé à 100 FCFA/kg, ne couvre plus nos charges », a dénoncé Desiré Ano coordo PICD Agboville .

Pour la PICD, il est urgent de revaloriser ce différentiel à 250 FCFA/kg. « Si les coopératives s’effondrent, c’est toute la filière qui sera fragilisée, y compris la mise en œuvre des nouvelles normes comme l’ARS-1000 et la réglementation européenne sur la déforestation », a averti un intervenant.

Un appel à un prix équitable

La conférence s’est conclue sur un appel fort en faveur d’un prix bord champ équitable.

« Payer un prix juste n’est pas une dépense, c’est un investissement », a martelé Camille Kanga coordonateur PICD bongouanou. « C’est la seule garantie de résilience et de continuité pour la filière cacao, moteur de l’économie ivoirienne. »

La plateforme a réaffirmé sa disponibilité à travailler aux côtés des autorités pour bâtir une filière plus durable, résiliente et équitable, au service des producteurs et des générations futures.

Randohle. A

Propos de JOB depuis Yamoussoukro

Interview avec Éric Konan, Coordonnateur du Projet Paiement des Réductions d’Émissions (PRE) « Le projet PRE a déjà réduit 20 millions de tonnes de CO2 »

Dans le cadre de la transition écologique et de la lutte contre le changement climatique, la Côte d’Ivoire a mis en œuvre le Projet Paiement des Réductions d’Émissions (PRE). Ce projet pilote, inscrit dans le mécanisme international REDD+, permet de réduire les émissions de CO2, de protéger les forêts et de récompenser les communautés locales.

Pour en comprendre les enjeux, nous avons rencontré Éric Konan, coordonnateur du projet PRE.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Éric Konan (EK) : Bonjour, je suis Éric Konan, ingénieur des Eaux et Forêts et coordonnateur du Projet Paiement des Réductions d’Émissions (PRE). Ce projet s’inscrit dans la phase de paiement basé sur les résultats du mécanisme REDD+.

Qu’est-ce que le projet PRE et quelle est sa durée ?

EK : Le PRE vise à réduire la déforestation et la dégradation des forêts, à valoriser les réductions d’émissions de CO2 sur les marchés du carbone et à redistribuer les revenus issus de la vente des crédits carbone aux bénéficiaires.
La première phase a démarré en 2020 pour une durée de cinq ans, suite à la signature d’un contrat entre la Côte d’Ivoire et le Fonds carbone de la Banque mondiale.

Quelles sont les zones concernées par ce projet ?

EK : Le projet couvre cinq régions administratives autour du parc national de Taï : Cavally, Guémon, Nawa, San-Pédro et Gbokle.

Quels sont les objectifs prioritaires ?

EK : Les priorités sont claires : réduire les émissions de gaz à effet de serre, augmenter la séquestration de carbone à travers le reboisement et l’agroforesterie, et redistribuer les revenus générés aux communautés locales et partenaires.

Quelles activités menez-vous concrètement ?

EK : Nous travaillons sur trois grands axes : à savoir la conservation des forêts, le reboisement de zones dégradées, et l’agroforesterie, notamment l’introduction d’arbres forestiers dans les plantations de cacao.

Qui sont les bénéficiaires du projet ?

EK : Les bénéficiaires sont toutes les personnes et structures des cinq régions concernées qui pratiquent l’agroforesterie, le reboisement ou la conservation des forêts. Cela inclut les planteurs, les communautés locales, les coopératives, mais aussi les administrations, ONG et organisations qui accompagnent les populations.

Comment mesurez-vous les réductions d’émissions ?

EK : Les réductions sont calculées selon les standards internationaux du Fonds carbone de la Banque mondiale. Nous disposons d’experts en télédétection et inventaire de gaz à effet de serre qui établissent ces données. Elles sont ensuite vérifiées et certifiées par des auditeurs indépendants mandatés par la Banque mondiale. Une fois certifiées, les paiements sont déclenchés.

Les communautés locales sont-elles réellement impliquées ?

EK : Elles sont plus qu’impliquées : elles sont au cœur du projet. Ce sont elles qui réalisent les activités sur le terrain. Sans leur engagement, il n’y aurait pas de PRE.

Comment avez-vous convaincu les populations de conserver leurs forêts ?

EK : Cela n’a pas été facile. Depuis 2013, la Côte d’Ivoire mène des campagnes de sensibilisation. Progressivement, les communautés ont compris qu’il est possible de produire sans détruire la forêt. Aujourd’hui, elles voient l’agroforesterie comme une source de revenus et une garantie de durabilité.

Quels résultats avez-vous obtenus jusqu’à présent ?

EK : C’est environ 20 millions de tonnes d’équivalent CO2 qui ont été réduites et certifiées au cours de la période allant du 20 octobre 2020 au 31 décembre 2023, avec environ 8 millions de tonnes supplémentaires qui sont en attente de vérification pour l’année 2024. Et pour le premier appel à manifestation d’intérêt, ce sont environ 59.000 bénéficiaires qui ont été recensés dont 43.000 ont été jugés éligibles au paiement et 28.000 de ces 43.000 bénéficiaires-là ont fait l’objet de vérification donc leurs activités ont effectivement été vérifiées sur le terrain et 11.500 ont déjà reçu leur paiement pour un peu plus de 1,5 milliard de francs CFA qui ont été distribués et les paiements y se poursuivent.

Comment fonctionne le mécanisme de paiement ?

EK : Les paiements sont effectués par la Fondation pour les Parcs et Réserves, directement sur les comptes bancaires ou mobiles des bénéficiaires.
Le montant varie selon la superficie et l’activité réalisée. Par exemple, un hectare d’agroforesterie avec 25 arbres rapporte environ 30.000 FCFA.

Quelles mesures garantissent la transparence dans la gestion des fonds ?

EK : Un plan de partage des bénéfices a été élaboré et validé par toutes les parties prenantes. Il définit les bénéficiaires et les modalités d’accès aux paiements. En plus, des audits indépendants sont réalisés régulièrement pour s’assurer du respect de ce plan.

Comment assurez-vous la durabilité des acquis après le financement ?

EK : Nous observons déjà une amélioration de la résilience des plantations grâce à l’agroforesterie. De plus, une partie des revenus est placée dans un fonds de dotation géré par la Fondation pour les Parcs et Réserves, qui généreront des intérêts pour maintenir les paiements à long terme.

Y a-t-il encore une possibilité de s’inscrire au projet ?

EK : Oui. Le deuxième appel à manifestation d’intérêt est ouvert jusqu’au 22 octobre 2025. Les personnes peuvent s’inscrire en ligne sur www.projetpre.ci ou auprès des services déconcentrés des ministères concernés, des autorités locales et des coopératives partenaires.

Quel message souhaitez-vous adresser aux communautés et aux journalistes ?

EK : Aux communautés, je dis : l’argent est disponible, venez-vous faire recenser pour bénéficier de vos efforts en faveur de la forêt.
Aux journalistes : soyez nos relais pour diffuser l’information partout, jusque dans le plus petit village. C’est ainsi que toutes les personnes concernées pourront profiter des retombées du projet.

Interview réalisée par Randohle A., dans le cadre du projet Afrikibarru 2 financé par Canal France International (CFI), dont AgrotvCI est bénéficiaire.

Bondoukou célèbre la Journée Internationale des Coopératives 2025 : l’Agropole du Nord-Est au cœur de la transformation agricole

À l’occasion de la Journée Internationale des Coopératives 2025, célébrée à Bondoukou, plusieurs initiatives majeures du secteur agricole ont été mises en avant. Parmi elles, l’Agropole du Nord-Est s’impose comme un projet structurant et porteur d’espoir pour la région du Gontougo et pour l’ensemble du pays.

Fruit de la vision du Président de la République, S.E.M. Alassane Ouattara, ce projet bénéficie déjà d’un financement sécurisé et amorce une nouvelle phase décisive dans la modernisation de l’agriculture ivoirienne.

L’Agropole du Nord-Est est appelé à devenir un puissant levier de développement économique. En favorisant la transformation locale, il offrira de réelles opportunités d’emplois, notamment pour les jeunes et les femmes, tout en contribuant à l’amélioration des revenus des producteurs. Les populations de la région profiteront directement des retombées de leur travail, renforçant ainsi l’inclusion sociale et la résilience économique.

Au-delà du Gontougo, l’impact attendu s’étend à l’économie nationale grâce à la valorisation des productions agricoles et à la réduction des pertes post-récolte. Ce projet stratégique illustre la volonté de l’État de faire de l’agriculture une véritable industrie au service de la croissance et du bien-être des populations.

La célébration a également été marquée par un geste fort de solidarité. Au nom du Premier Ministre, le Ministre Siandou Fofana a procédé à une remise de dons, traduisant l’engagement du gouvernement à accompagner les coopératives et les acteurs du monde rural dans leurs efforts quotidiens.

La Journée Internationale des Coopératives 2025 à Bondoukou a ainsi été l’occasion de réaffirmer le rôle central des coopératives dans le développement agricole et de mettre en lumière un projet d’envergure nationale : l’Agropole du Nord-Est, véritable symbole d’espoir et de prospérité pour le Gontougo et la Côte d’Ivoire.

KP

Un pas décisif pour la traçabilité et l’organisation de l’élevage en Côte d’Ivoire

Le Ministère des Ressources Animales et Halieutiques, à travers la Direction des Productions Animales, a organisé les 24 et 25 septembre 2025 au centre antirabique de Cocody, un atelier de validation portant sur les arrêtés fixant les conditions d’installation des exploitations d’élevage ainsi que les règles générales d’identification des animaux, des propriétaires et des locaux.

Présidée par M. DOUGNON Gouébrini, Directeur de Cabinet Adjoint, représentant le Ministre des Ressources Animales et Halieutiques, M. Sidi Tiémoko TOURÉ, cette rencontre visait à examiner et valider de manière participative les textes d’application des décrets relatifs à l’organisation de l’élevage et à l’identification des acteurs du secteur.

Dans son allocution d’ouverture, M. DOUGNON Gouébrini a rappelé que ces réformes permettront d’instaurer un système de traçabilité fiable, de renforcer l’organisation des exploitations et la biosécurité, mais aussi de protéger la santé animale, la santé publique et l’environnement. Il a insisté sur l’importance de ces arrêtés, qualifiés d’outils essentiels pour l’application effective des décrets et considérés comme une étape majeure dans la structuration du secteur de l’élevage.

Prenant la parole, Mme Ouattara Nah, Directrice des Productions Animales, a souligné que l’adoption de ces textes constitue un tournant décisif dans la réglementation de l’élevage en Côte d’Ivoire. Elle a précisé que leur mise en œuvre favorisera une meilleure organisation des installations, l’établissement d’un système national d’identification des animaux et des exploitations, et contribuera à renforcer la sécurité sanitaire et commerciale du secteur.

Pendant deux jours, 41 professionnels issus du monde de l’élevage ont travaillé sur les contenus des arrêtés afin d’en assurer la pertinence et l’adéquation aux réalités du terrain. Les conclusions de ces travaux devraient permettre d’avancer vers une modernisation et une meilleure régulation de l’élevage en Côte d’Ivoire

KP

DICEFA: Un 𝐩𝐫𝐨𝐠𝐫𝐚𝐦𝐦𝐞 𝐦𝐢𝐬 𝐞𝐧 𝐩𝐥𝐚𝐜𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐥’𝐚𝐮𝐭𝐨𝐧𝐨𝐦𝐢𝐬𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐬𝐞𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐚𝐠𝐫𝐢𝐜𝐨𝐥𝐞

Abidjan, le 23 septembre 2025 – Le directeur régional d’Abidjan du ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant (MFFE), Dako Dano, a présenté, ce mardi 23 septembre 2025 à Abidjan-Plateau, lors de la tribune d’échange hebdomadaire « Tout Savoir Sur » (TSS) organisée par le Centre d’Information et de Communication Gouvernementale (CICG), le programme DICEFA (Développement des Initiatives et des Capacités Économiques Féminines pour leur Autonomisation).

Ce programme, officiellement lancé le vendredi dernier par le Premier Ministre Robert Beugré Mambé, vise à favoriser l’autonomisation des femmes œuvrant dans le secteur agricole. Doté d’un budget de plus de 28,5 milliards de FCFA, il a pour objectif de toucher 105 000 ménages en cinq ans, afin d’améliorer leur cadre de vie et leurs conditions de travail.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre des recommandations des Assises Nationales des Femmes de Côte d’Ivoire (ANAFCI) et fait suite à une série d’activités menées en 2024 par le ministère dirigé par Nassénéba Touré. Ces activités ont permis de recueillir les besoins et recommandations des femmes du secteur agricole pour renforcer leur autonomisation.

Le programme cible principalement les femmes organisées en groupements ou associations agricoles. Selon Dako Dano, il apporte un soutien aux femmes impliquées dans la production, la transformation, le transport et la commercialisation des produits agricoles. « Ces femmes sont identifiées localement par les autorités préfectorales et les directeurs régionaux. Leur sélection repose sur des critères objectifs et transparents », a-t-il assuré.

Le programme finance les femmes et les accompagne durablement à travers la formation, le suivi, et la création de réseaux de commercialisation.

Les 28,5 milliards de FCFA alloués au programme seront utilisés pour construire des centres de transformation modernes, fournir des formations et des équipements de production. « L’objectif est d’augmenter la plus-value des produits agricoles et de permettre aux femmes bénéficiaires d’améliorer leurs revenus et d’accroître leur autonomie », a souligné le directeur régional d’Abidjan du MFFE.

Notons que le programme repose sur quatre grandes composantes : la construction et l’équipement de 20 centres modernes de transformation, l’apport technologiques à la chaîne de valeur vivrière, l’accélération des entreprises agricoles féminines, et un fonds de roulement et de financement des entreprises.

A terme, DICEFA ambitionne de créer 200 entreprises féminines et de soutenir 10 500 coopératives dans les zones rurales et périurbaines. En intégrant des solutions digitales et technologiques, le programme vise à améliorer la production, la transformation et la commercialisation. Les retombées économiques de ce programme devraient se traduire par un chiffre d’affaires collectif de 50 milliards de FCFA par an pour les femmes bénéficiaires, leurs familles et leurs communautés.

En savoir plus : https://www.gouv.ci/actualite/19022

CICG #GouvCI

L’accord de pêche de l’OMC est rentré officiellement en vigueur

L’Accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) sur les subventions à la pêche est officiellement rentré en vigueur le 15 septembre 2025, selon une note émanant de l’Institution internationale. Cette étape, fruit de plus de 20 ans de négociation témoigne de la volonté des Pays qui ont ratifié cet accord de mettre fin à la surpêche.

Cela a été possible grâce aux acceptations qui ont atteint plus des deux tiers des membres de l’Organisation, avec le Brésil, le Kenya, le Vietnam et les Tonga, qui ont reçu les instruments d’acceptation de l’Accord des mains de la Directrice générale de l’OMC. Ngozi Okonjo-Iweala.

Mme Okonjo-Iweala, a d’ailleurs rappelé la nécessité pour les membres de travailler ensemble pour relever les défis à relever dans le secteur de la pêche, saluant cette officialisation.

« À l’heure où le système commercial international est confronté à de profonds défis, l’Accord sur les subventions à la pêche envoie un signal fort : les membres de l’OMC peuvent travailler ensemble dans un esprit de coopération et de responsabilité partagée pour trouver des solutions aux défis mondiaux. L’entrée en vigueur de cet accord nous rappelle que nombre des plus grands défis auxquels nous sommes confrontés sont mieux traités au niveau multilatéral. Les peuples et les nations ont besoin d’un multilatéralisme efficace – c’est pourquoi la journée d’aujourd’hui est si rassurante. », a-t-elle indiqué.

Elle a signé la notification officielle d’entrée en vigueur de l’Accord et l’a remise au président du Conseil général, l’ambassadeur Saqer Abdullah Almoqbel d’Arabie saoudite, marquant ainsi l’intégration officielle de l’Accord dans le cadre juridique de l’OMC.

Détermination, engagement collectif, volonté politique

A son tour l’ambassadeur Saqer Abdullah Almoqbel, a relevé la détermination et l’engagement collectif de tous ainsi qu’une volonté politique et une coordination rigoureuse dans les différents pays.

« Cet Accord témoigne de notre vision commune d’une pêche mondiale durable. L’acceptation du Protocole a exigé non seulement l’engagement de nos ambassadeurs et délégués ici à Genève, mais aussi une réelle volonté politique et une coordination rigoureuse dans les capitales. C’est grâce à notre détermination et à notre engagement collectif que nous assistons aujourd’hui à son entrée en vigueur. », a-t-il indiqué.

« Les membres ont salué l’Accord comme une étape majeure pour l’OMC, soulignant qu’il confirmait leur engagement envers le système commercial multilatéral et une planète plus durable. Ils se sont également engagés à commencer à le mettre en œuvre, soulignant le rôle clé qu’il jouera dans la restauration des stocks halieutiques, la protection des moyens de subsistance des communautés de pêcheurs et la promotion de la sécurité alimentaire », précise la note de l’Organisation.

Adopté par consensus lors de la 12e Conférence ministérielle de l’OMC en juin 2022, l’Accord interdit les subventions à la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, à la pêche des stocks surexploités et à la pêche hauturière non réglementée.

MYA 

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