Au lendemain de l’annonce du prix bord champ de la campagne intermédiaire de la filière Cacao fixé à 1200 FCFA le kilogramme, pour les fèves “bien triées, bien fermentées et bien séchées” par Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, la Plateforme Ivoirienne pour le Cacao Durable (PICD) a exprimé son inquiétude après l’annonce du prix d’achat bord champ du cacao pour la campagne intermédiaire 2025-2026 en Côte d’Ivoire. Fixé à 1 200 FCFA le kilogramme, ce prix représente une baisse de 57 % par rapport à celui de la campagne principale, une situation qui suscite de nombreuses préoccupations au sein des organisations de producteurs et des coopératives.
Ce jeudi 05 MARS , lors d’une communication présentée par la PICD dans la ville yamoussoukro, cette décision intervient dans un contexte particulièrement difficile pour la filière cacaoyère. La campagne principale a été marquée par des difficultés de commercialisation sur le marché intérieur, entraînant l’accumulation d’importants volumes de cacao dans les magasins des coopératives. Plusieurs producteurs n’ont ainsi pas pu écouler leurs récoltes dans les délais habituels.
La PICD estime que cette situation pourrait entraîner des pertes dépassant 30 milliards de FCFA pour les coopératives membres. En cause : des stocks achetés autour de 2 800 FCFA le kilogramme qui pourraient être revendus à un prix usine avoisinant 1 300 FCFA, sans compter les coûts liés à la conservation et à l’entretien des fèves afin d’éviter leur détérioration.
Pour l’organisation, la modification du calendrier habituel de la campagne principale – initialement prévue du 1er octobre 2025 au 31 mars 2026 soulève également des interrogations. Si les ajustements peuvent s’expliquer par les fluctuations du marché mondial, la PICD estime toutefois que les producteurs et les coopératives ne devraient pas supporter seuls les conséquences de cette situation.
Face à ces difficultés, la plateforme appelle les autorités à ouvrir rapidement un dialogue inclusif avec l’ensemble des acteurs de la filière afin d’identifier des solutions susceptibles de préserver le mouvement coopératif, considéré comme un maillon essentiel de l’économie cacaoyère ivoirienne.
Malgré la crise actuelle, la PICD souligne que des progrès importants ont été réalisés ces dernières années pour moderniser le secteur, notamment la mise en place d’un système national de traçabilité, l’adoption de la norme régionale sur le cacao durable ARS-1000 et la création d’une organisation interprofessionnelle agricole.
Dans ce contexte, l’organisation réaffirme son attachement à un système de régulation du marché et met en garde contre les appels à une libéralisation totale de la filière. Elle se dit toutefois prête à collaborer avec les autorités, en particulier le Conseil du Café‑Cacao, afin de trouver des solutions capables de protéger les intérêts des producteurs et des coopératives tout en garantissant la stabilité du secteur.
RANDOHLE.A
AI Assistant
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